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IRONISER, verbe intrans.
Traiter (quelqu'un ou quelque chose) avec ironie. Ironiser contre, sur qqn ou sur qqc. Delacroix lui-même ne peut résister au plaisir d'ironiser sur la conception de ses adversaires (Huyghe, Dial. avec visible,1955, p. 267):
... ils firent l'éloge des médecins, contre qui on ironise quand on est bien portant, mais qu'on est bien heureux d'appeler dès qu'on a trente-sept neuf... Nizan, Conspir.,1938, p. 146.
Absol. Faire de l'ironie. Ils ne s'attachent à rien, ils ironisent toujours (Amiel, Journal,1866, p. 41).
Rare, emploi trans. Tourner (quelqu'un ou quelque chose) en dérision. Tu me vexes par ton oubli, tu m'insultes par tes dédains, tu m'ironises par ton indolence, ah mais! (Flaub., Corresp.,1842, p. 102).On ironisait volontiers la lourdeur d'un Gluck, la barbarie d'un Wagner (Rolland, J.-Chr., Maison, 1909, p. 1030).
REM.
Ironisation, subst. fém.Action, fait d'ironiser. Le rêve, parfois, peut jouer le rôle de l'ironisation de la vie (Béguin, Âme romant.,1939, p. 210).
Prononc. et Orth. : [iʀ ɔnize], (il) ironise [iʀ ɔni:z]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1644-45 trans. (Boisrobert, Épitre XXVI, éd. M. Cauchie, t. 1, p. 186, 2); 1690 emploi abs. (Palaprat, Le ballet extravagant, scène 13 [éd. Œuvres, La Haye, 1698]). Dér. de ironie*; suff. -iser*. Fréq. abs. littér. : 23. Bbg. Gohin 1903, p. 280.