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INTRADUISIBLE, adj.
A. − Qui ne peut être traduit. Vers intraduisibles. Je m'exerçai intrépidement à traduire et à retraduire toutes les phrases presque intraduisibles des classiques qui se rapportaient à mon plan (Nodier, Smarra,1821, p. 14):
... il se rencontre dans la génération des œuvres artistiques les mêmes hasards de naissance que dans les familles où il y a des enfants heureusement doués, qui viennent beaux et sans faire de mal à leurs mères, à qui tout sourit, à qui tout réussit; il y a enfin les fleurs du génie comme les fleurs de l'amour. Ce brio, mot italien intraduisible et que nous commençons à employer, est le caractère des premières œuvres. Balzac, Cous. Bette,1846, p. 77.
B. − Inexprimable. Intraduisible sourire; mépris, sensation intraduisible; idées, pensées intraduisibles; audace d'expression intraduisible. Il serait fastidieux de consigner fidèlement ces adorables bavardages de l'amour auxquels l'accent, le regard, un geste intraduisible, donnent seuls du prix (Balzac, Peau chagr.,1831, p. 224).Monte-Cristo remit les cinq billets dans sa poche avec cet intraduisible mouvement de physionomie qui veut dire : − Dame! Réfléchissez; si vous vous repentez, il est encore temps (Dumas père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 598).
Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. Il relut Kant, et il le comprit ou crut le comprendre. De nouveau abondait en lui cette légèreté, cette gaieté d'esprit, − tristes mots pour traduire l'intraduisible, − également favorable au travail et à l'exercice de la fraternité (Baudel., Paradis artif.,1860, p. 419).
Prononc. et Orth. : [ε ̃tʀadɥizibl̥]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1687 « qui ne peut être traduit » (Bouhours, La manière de bien penser dans les ouvrages de l'esprit, p. 359). Dér. de traduisible*; préf. in-1*. Fréq. abs. littér. : 88.