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INSOMNIAQUE, adj. et subst.
(Celui, celle) qui souffre d'insomnie. Synon. littér. insomnieux.Le village aussi semblait dormir, mais il y avait sûrement des insomniaques qui épiaient tous les bruits (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 564).L'insomniaque [le curé d'Ars] avait le sentiment que ses rideaux se déchiraient ou étaient déchirés (La Varende, Curé d'Ars,1957, p. 147).Ma grand-mère, insomniaque, se glisse, la nuit, dans le vestibule pour prélever sa dîme « en catimini » (Sartre, Mots,1964, p. 27).
P. ext. (Celui, celle) qui veille volontairement. Chez Inès Sandoval, les meilleurs insomniaques de Paris s'étaient installés comme des militaires au bivouac (Druon, Rendez-vous enfers,1951, p. 44).
[P. méton. du déterminé] Quel incident nouveau allait lui révéler dans cet ordre l'enquête qu'il avait accepté d'entreprendre et dont les difficultés lui apparaissaient, au terme de ce voyage insomniaque, comme insolubles? En touchant du pied le seuil du quai de la gare de Lyon, il fut tenté de reprendre aussitôt le train de retour (Bourget, Laborantine,1934, p. 25).
REM.
Insomnique, adj. et subst.,méd., synon. Ces faits ne nous paraissent pas exceptionnels et nous en avons rencontré chez des épileptiques soumis à de tels traitements ou même chez des insomniques (Ravault, Vignon, Rhumatol.,1956, p. 541).Il faut en particulier assurer un sommeil suffisant à ces malades qui sont le plus souvent anxieux et insomniques (QuilletMéd.1965, p. 139).
Prononc. : [ε ̃sɔmnjak]. Étymol. et Hist. A. Subst. 1883 « personne qui souffre d'insomnie » (Richepin, Pavé, p. 308). B. Adj. 1. 1934 p. méton. (Bourget, loc. cit.); 2. 1964 « qui souffre d'insomnie » (Sartre, loc. cit.). Formé, sur le modèle de cardiaque, maniaque, etc. (cf. Thérive, Procès du langage, 1962, p. 173), de insomnie*; suff. -aque (calque d'un suff. lat. d'orig. grecque).