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INODORE, adj.
A. − Qui n'a pas, qui n'exhale pas d'odeur. Fosse, gaz inodore; fleurs, plantes inodores. Ces intéressants légumes, toujours frais et inodores, ces fruits colorés, ce café, ce chocolat parfumés (Balzac, Physiol. mar.,1826, p. 124):
Il [le grisou] est, suivant la formule des chimistes, « incolore, inodore et insipide », tout au moins lorsqu'il est pur, mais il apparaît parfois accompagné d'éléments étrangers qui le rendent légèrement odorant. E. Schneider, Charbon,1945, p. 254.
En partic., pop. (Cabinets) inodores. W.C. publics. Il avait mis de l'argent dans des assurances, dans des raffineries de betteraves, et jusque dans les inodores (Kock, Zizine,1836, p. 4).
B. − Au fig. Qui manque de caractère, de relief. Le goût des spectacles de digestion facile, et des lectures inodores (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 236).Le fiancé, du nom de Ménard, était quelconque, absolument quelconque, un passant inoffensif, inodore et sans goût (L. Daudet, Temps Judas,1920, p. 225).
REM.
Inodorant, -ante, adj.,synon. C'était le vent permanent des hauts espaces, inodorant et éternel (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 222).
Prononc. et Orth. : [inɔdɔ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1765 (Encyclop. t. 8 : Inodore, substance : on appelle ainsi toute substance qui est naturellement dépourvue de principe aromatique ou odorant). Empr. au lat.inodorus « inodore ». Fréq. abs. littér. : 25. Bbg. Gohin 1903, p. 284.