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INIQUE, adj.
Qui manque gravement à l'équité; qui est injuste de façon criante, excessive.
A. − [En parlant de qqn] Juges iniques. Mais rien ne leur résiste dès qu'ils ont juré la perte d'un magistrat injuste, d'un homme inique en place, ou d'un prince oppresseur (La Martelière, Robert,1793, I, 7, p. 10).Ces jeunes princes s'étaient laissé entourer d'hommes étrangers à tout sentiment de justice et d'honneur. Ces conseillers iniques s'attachèrent surtout à séduire le landgrave Henri (Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p. 149).
B. − [En parlant de qqc.] Jugement, décision, œuvre inique. La sentence souvent inique et brutale des armes (A. de Broglie, Diplom. et dr. nouv.,1868, p. 39).L'inique condamnation papale (L. Daudet, Brév. journ.,1936, p. 224):
... je suis imposé pour 42 couronnes (58 fr. 80), mon revenu (!) étant évalué à 1.500, car on est ici sous le régime idiot et inique de l'impôt sur le revenu. Bloy, Journal,1899, p. 336.
Prononc. et Orth. : [inik]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1380 « (d'une chose) contraire à l'équité » (J. Le Fèvre, La Vieille, 32 ds T.-L.); 1595 juges iniques (Montaigne, Essais, III, XII, éd. A. Thibaudet et M. Rat, p. 1030). Empr. au lat.iniquus « inégal, défavorable » (en partic. de la position d'un lieu, d'où le m. fr. inique « id. » ds Gdf.), « injuste, inique ». Dès le mil. du xives. on relève ds Entrée d'Espagne [aut. padouan, scribe ital.; ms. Venise, Bibl. St Marc fr. XXI] éd. A. Thomas, 987, le subst. enic « (d'une pers.) méchant, mauvais », mot prov. (« id. » fin xiie-début xiiies. Peire Vidal ds Levy Prov.). Fréq. abs. littér. : 177.
DÉR.
Iniquement, adv.De manière inique. Le favori de ses sanglants hasards Occupe iniquement les terres qu'il fait siennes (Sully Prudh., Justice,1878, p. 138).L'accusé le plus iniquement, le plus illégalement condamné, n'a pas de recours contre eux (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 457).[inikmɑ ̃]. 1resattest. 1352-56 (Bersuire, Tit.-Liv., BN 20312 ter [xives.], fol. 14 vods Gdf. Compl. : la bataille iniquement emprise), xvies. [ms.] (Trad. du Gouvernement des Princes de G. Colonne, Ars. 5062, fol. 179 vo, ibid. : Se les riches dominent iniquement); de inique, suff. -ment2*.
BBG. Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1917-18, t. 30, pp. 140-141.