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INDÉCROTTABLE, adj.
A. − Rare. Qui ne peut être décrotté. Chaussures indécrottables. (Ds Ac., Littré, Rob., Lar. Lang. fr.).
B. − Familier
1. [En parlant d'une pers.] Qui n'est pas susceptible de s'amender; qui persiste dans ses défauts, ses erreurs. Synon. endurci, impénitent, incorrigible, incurable, invétéré.Lourdaud, paresseux indécrottable. Elle a débauché toutes ces pauvres filles, qui sont devenues indécrottables (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 346).C'est très pénible lorsqu'il faut revenir sur ces jugements téméraires, très humiliant. Mais quand ça vous est arrivé une bonne fois on ne recommence pas, ou alors on est indécrottable (Larbaud, Barnabooth,1913, p. 239).J'ai été un cancre (...). Pas tout à fait le cancre indécrottable, ni le potache indiscipliné (Martin du G., Souv. autobiogr.,1955, p. XLIII).
Emploi subst. S'il avait tout dit, il n'avait rien révélé, cet indécrottable! (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 47).
2. [En parlant d'un trait de caractère] Que l'on ne parvient pas à corriger; qui est enraciné. Synon. incorrigible, incurable, invétéré.Moi qui suis, à cet égard, d'une paresse indécrottable (Verlaine, Corresp., t. 1, 1865, p. 17).
REM.
Indécrottablement, adv.,rare. D'une manière indécrottable (au sens B). Si humbles, si follement et indécrottablement respectueux des gens en place (Montherl., J. filles,1936, p. 958).
Prononc. et Orth. : [ε ̃dekʀ ɔtabl̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1611 « qu'on ne peut décrotter » (Cotgr.); 2. av. 1654 [éd. 1661] « qu'on ne parvient pas à débarrasser de ses manières grossières, de ses mauvaises habitudes » (G. de Balzac, Dissertation à M. Conrart, p. 274 ds Littré). Dér. de décrotter*; préf. in-1*; suff. -able*. Fréq. abs. littér. : 20. Bbg. Quem. DDL t. 12 (s.v. indécrottablement).