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INCONVENANCE, subst. fém.
A. − Vx. Caractère de ce qui ne convient pas. Le sentiment de l'inconvenance de la distribution de Linné que l'on suivoit, M. Cuvier le consolida parfaitement par l'exposition des faits les plus positifs (Lamarck, Philos. zool., t. 1, 1809, p. 122).
B. −
1. Usuel. Caractère de ce qui est contraire aux convenances. Synon. effronterie, indécence.Inconvenance d'une conduite, d'un geste, d'une parole, d'un propos; pousser l'inconvenance jusqu'à. Puisque monsieur hérite, il doit prendre le manteau de deuil, et celui que j'ai apporté l'enveloppera tout entier, si bien qu'on ne s'apercevra pas de l'inconvenance de son costume (Balzac, Cous. Pons,1847, p. 290).Une leçon de moralité sur l'inconvenance de son amour (Goncourt, Journal,1862, p. 1004):
Chers et bienveillants conseillers, que de fois, depuis l'armistice, vous avez tortillé l'oreille du grognard, reprenant avec bonhomie cette disposition de l'homme qui sait ce qu'il faut penser et disposé même à pardonner beaucoup, jusqu'à ce que le subalterne reconnaisse enfin l'inconvenance de ses propos. Mais moi, je guette l'oreille, l'importante oreille, et du même geste, je la tortille. Ils ne sont pas contents. Mais il faudra bien qu'ils se contentent. Alain, Propos,1929, p. 821.
2. P. méton., souvent au plur. Action ou parole inconvenante. Synon. grossièreté, incongruité, incorrection, impertinence.Un aveu qui sera mon excuse pour toutes les inconvenances que je pourrai faire : je suis étranger (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 586).Trois commis-voyageurs qui fument des cigares (...) trouvent charmant de lâcher d'énormes inconvenances (Colette, Cl. école,1900, p. 179).V. incivilité B ex. de France.
Prononc. et Orth. [ε ̃kɔ ̃vnɑ ̃:s]. Att. ds Ac. 1878 et 1935. Étymol. et Hist. 1573 « impertinence, indécence » (Thesaurus Theutonicae linguae, I, 1c ds Rom. Forsch. t. 32, p. 84) − 1611 (Cotgr.); de nouv. au xviiies. 1752 (D'Argenson, Journ. VII, 370 ds Brunot t. 6, p. 1326 : l'inconvenance de l'invitation). Dér. de convenance*; préf. in-1*. Fréq. abs. littér. : 214. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 403, b) 277; xxes. : a) 353, b) 204. Bbg. Gohin 1903, p. 283.