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INANITION, subst. fém.
A. − État d'épuisement de l'organisme causé par le manque de nourriture. Aux tourmens, aux irritations perpétuelles de l'extrême inanition, se joignit la fièvre dévorante de la soif (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 54).Les abeilles s'acharneront, durant des heures, jusqu'à ce qu'elles meurent de fatigue ou d'inanition, à chercher une issue à travers le fond de cristal (Maeterl., Vie abeilles,1901, p. 103).
Fam. État d'un être qui a très faim. Je bâille d'inanition. MlleSergent nous emmène à un restaurant proche, notre hôtel étant trop loin pour y aller jusque-là sous cette chaleur (Colette, Cl. école,1900, p. 198).
Rem. Employé surtout dans les expr. mourir, tomber d'inanition.
B. − Au fig., dans le domaine moral ou spirituel. Accablement, découragement (dû au manque de quelque chose). Mon milieu m'ennuie et me nuit. J'y souffre d'inanition morale et d'asphyxie spirituelle (Amiel, Journal,1866, p. 446) :
... il apparaissait en cette heure, quand il était encore comme hébété par le plaisir, que l'art, la connaissance, le commerce des esprits et des âmes n'offraient que duperie, inanition, grise souffrance, un monde plein de landes insipides, plein de barrières, de chausse-trapes et de mirages. Seul le plaisir tenait ses promesses. Seul le plaisir se prouvait, attestait sans doute possible qu'il était réalisé. Montherl., Songe,1922, p. 25.
REM.
Inanitié, -ié, adj.,rare. Qui souffre d'inanition. J'en jetais dans la Vivonne des boulettes [de pain] (...) l'eau se solidifiait aussitôt autour d'elles en grappes ovoïdes de tétards inanitiés (Proust, Swann,1913, p. 168).
Prononc. et Orth. : [inanisjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1250 (Epitre St Jérôme à Eustachium, éd. T. Nurmela d'apr. FEW t. 4, p. 615a); 1314 (H. de Mondeville, Chirurgie, éd. A. Bos, § 1261). Empr. au b. lat.inanitio, -onis « état de vide », formé sur le supin inanitum de inanire « vider », dér. de inanis, v. inane. Fréq. abs. littér. : 80.