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IMPERTURBABLE, adj.
Que rien ne peut troubler, inquiéter, ébranler. Synon. inébranlable.
[En parlant d'une pers.] Il est imperturbable dans les résolutions qu'il a prises, dans les desseins qu'il a formés (Ac. 1798-1932). C'était toujours l'homme impassible, le membre imperturbable du Reform-Club, qu'aucun incident ou accident ne pouvait surprendre (Verne, Tour monde,1873, p. 37) :
1. Un personnage si obstinément grave, si volontairement froid, logique, imperturbable, laisse imaginer tous les déséquilibres et tous les désordres. Camus, Homme rév.,1951, p. 158.
[En parlant des qualités, des sentiments, de leur expression] Assurance, flegme, gaîté, mémoire imperturbable. Faire preuve d'un courage imperturbable (cf. Staël, Consid. Révol. fr., 1817, p. 448). Métamorphosé en tigre, il avait repris le sang-froid imperturbable tant admiré pendant le dîner (Balzac, Cous. Bette,1847, p. 384).Elle faisait cela avec un sérieux imperturbable, seulement sitôt qu'on la regardait sa figure se fendait de rire (Alain-Fournier, Corresp. [avec Rivière], 1909, p. 177).
[En parlant du déroulement d'une action, d'un processus dont rien ne peut modifier le cours] L'imperturbable régularité de l'horloge (Voy. La Pérouse,t. 2, 1797, p. 287).V. aplomb ex. 9 :
2. Malgré ma bonne volonté, je ne pouvais pas accepter cette certitude insolente. Car enfin, il y avait une disproportion ridicule entre le jugement qui l'avait fondée et son déroulement imperturbable à partir du moment où ce jugement avait été prononcé. Camus, Étranger,1942, p. 1201.
REM.
Imperturbé, -ée, adj.,rare. Qui n'a jamais été troublé, n'est jamais troublé. Dans les abîmes imperturbés fleuriront les trémies secrètes... (Gide, Traité Narcisse,1891, p. 7).Nature imperturbée (Gds cour. pensée math.,1948, p. 431).
Prononc. et Orth. : [ε ̃pε ʀtyʀbabl̥]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. Ca 1400 [ms. apr. 1447] « que rien ne peut troubler » (Internele consolacion, éd. A. Pereire, p. 210 : paix imperturbable et seüre). Empr. au lat. chrét.imperturbabilis « qu'on ne peut troubler, non troublé ». Fréq. abs. littér. : 266. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 403, b) 436; xxes. : a) 254, b) 399.
DÉR.
Imperturbablement, adv.D'une manière imperturbable. Parler imperturbablement. Savoir par cœur imperturbablement (Ac. 1798-1932). Continuer placidement et imperturbablement (cf. Goncourt, Journal,1860, p. 785).La Guillaumette, (...) contemplait le désastre d'un œil imperturbablement serein (Courteline, Train 8 h 47,1888, 1repart., 6, p. 70).[ε ̃pε ʀtyʀbabləmɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1740. 1reattest. 1548 (P. Le Febure [= Pierre Fabri?], 144b ds R. Ét. rab. t. 5, p. 165); de imperturbable, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 76.