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ILLETTRÉ, -ÉE, subst. et adj.
A. − Vieilli. (Personne) qui n'a pas de lettres, de culture littéraire. Anton. cultivé, lettré.À la vérité, les gens illettrés haïssent moins violemment, mais les lettrés savent mieux aimer. (...) il est certain qu'il n'y a point d'amitié comparable à celle d'un homme de lettres vertueux (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 309).Les Bourbons des deux branches furent toujours illettrés ou dédaigneux pour les lettres (Vigny, Journal poète,1849, p. 1270).
Rare. [En parlant d'un inanimé] Le vif dégoût familial qu'ils éprouvaient de la bourgeoisie aurait pu les conduire à une critique violente mais anarchiste. Mais l'anarchie leur paraissait illettrée et frivole : leurs études de professeurs les sauvaient (Nizan, Conspir.,1938, p. 46).
B. − (Personne) qui n'a reçu aucune formation intellectuelle, et en partic., qui sait à peine lire ou écrire. Synon. ignorant.À ses moments de loisir, qui étaient peu fréquents, tout en haïssant les livres, il lisait; ce qui fait qu'il n'était pas complètement illettré. Cela se reconnaissait à quelque emphase dans la parole (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 215).
En partic. Qui ne sait ni lire ni écrire. Synon. analphabète.L'Inde est principalement un pays agricole et vastement illettré (Arts et litt.,1936, p. 56-4) :
C. venait de terminer une période de service militaire à Montluçon et avait été stupéfait de l'ignorance des recrues, beaucoup originaires du Midi qui touche à l'Auvergne : il y avait un pourcentage énorme d'illettrés, ne sachant même pas signer. Larbaud, Journal,1934, p. 305.
Prononc. et Orth. : [il(l)εtʀe] ou [il(l)e-], formes respectivement soutenue et cour. ds Warn. 1968. Att. ds Ac. dep. 1835. Étymol. et Hist. 1560 « ignorant, sans culture » (Pasquier, Rech., V, 12 ds Gdf. Compl. : Gens illettres); 1611 illeteré (Cotgr.), forme encore relevée ds Lar. 19e. Dér. de lettré*, préf. in-1*, d'apr. le lat. illitteratus « ignorant, illettré ». Fréq. abs. littér. : 118. Bbg. Gohin 1903, p. 281.