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HYDRE, subst. fém.
A. − MYTHOL. Serpent monstrueux à sept têtes qui repoussaient, à raison de deux pour une, à mesure qu'on les tranchait. Hercule tua l'hydre de Lerne (Ac.).
P. métaph. [Symbole du mal qui se renouvelle ou s'étend dangereusement sans qu'on puisse le détruire] Quand Bossuet descendit dans la carrière, la victoire ne demeura pas longtemps indécise; l'hydre de l'hérésie fut de nouveau terrassée (Chateaubr., Gén., t. 1, 1803, p. 5).Il était clair que l'hydre de l'anarchie était sortie de sa boîte et qu'elle se démenait dans le quartier (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 402).L'hydre fasciste qui a presque submergé le monde d'un flot de sang (Déclar. univ. Homme,1949, p. 12).
B. − ZOOL. Polype d'eau douce, de très petite taille, ayant la faculté de régénérer les parties de son corps qui lui sont enlevées, dont la reproduction a lieu par bourgeonnement et par œufs, et appartenant à la classe des Hydrozoaires :
Le zoologiste belge Brien a élevé des Hydres dans des conditions favorables seulement au bourgeonnement (constance du milieu, élimination des déchets par repiquage); des bourgeons se détachent de l'Hydre-mère et, placés en cultures isolées, deviennent à leur tour la souche de lignées de bourgeons qui eux-mêmes sont cultivés isolément. Dans ces conditions, l'Hydre apparaît comme immortelle. Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 676.
REM. 1.
Hydrocoralliaires, subst. masc. plur.Sous-classe de Cœlentérés appartenant à la classe des Hydrozoaires et vivant dans les récifs de coraux qu'ils contribuent à former (cf. Zool., t. 1, 1963, p. 480 [Encyclop. de la Pléiade]).
2.
Hydrozoaires, subst. masc. plur.Classe de Cœlentérés possédant des formes polypes et des formes méduses (cf. Zool., t. 1, 1963, p. 471 [Encyclop. de la Pléiade]).
Prononc. et Orth. : [idʀ ̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) ca 1250 myth. ydre (R. de Fournival, Bestiaire d'amour, éd. C. Segre, 67); b) 1762 fig. « petit polype d'eau douce » (Ch. Bonnet, Considérations sur les corps organisés, t. 1, XI, § 190); 2. 1562 « serpent d'eau » (A. du Pinet, L'histoire du monde de C. Pline Second, t. 1, livre 6, p. 225). 1 empr. du lat. class. hydra « hydre de Lerne », lui-même empr. du gr. υ ́ δ ρ α, de même sens (de υ ́ δ ω ρ « eau »). Linné a donné le nom d'hydre à des polypes d'eau douce à bras en forme de cornes dont les phénomènes de régénération lui évoquaient la fameuse hydre de Lerne (Cottez, p. 189); 2. du lat. hydrus (subst. masc.) « serpent d'eau » (gr. υ ́ δ ρ ο ς « id. »). Hydre est parfois masc. chez certains auteurs (Du Bellay, Ronsard v. Hug.; La Fontaine, V. Hugo ds Littré) comme dans les lang. anc. Fréq. abs. littér. : 256. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 313, b) 841; xxes. : a) 339, b) 165. Bbg. Delb. Matér. 1880, p. 169.