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HYACINTHE, subst. fém.
A. − BOT. Var. vieille de jacinthe :
1. Les deux fenêtres ouvrent sur la cour; l'une d'elle est double et, entre les deux châssis, fleurissent dans des pots, sur des soucoupes, des crocus, des hyacinthes et des tulipes « du duc de Tholl ». Gide, Si le grain,1924, p. 363.
B. − MINÉR. Pierre fine de couleur brun orangé ou rougeâtre. J'ai sorti pour avoir des hyacinthes. Point d'hyacinthe. L'hyacinthe, me disait le bijoutier, est à la fois une pierre commune et une pierre rare, rare pour l'avoir belle. On parle d'une cinquantaine de francs (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1850, p. 151).
P. ext., littér. Couleur jaune rougeâtre. Et cette mèche blanche qui le jour de ton mariage Déjà se mêlait à tes boucles d'hyacinthe? (Claudel, Protée,1927, I, 3, p. 361).
Emploi adj. Étoffe hyacinthe et, pris subst., hyacinthe. Étoffe de la couleur de l'hyacinthe :
2. Libres des nœuds dorés dont sa poitrine est ceinte, Dégagés des lacets, le manteau d'hyacinthe, Et le lin pur et blanc comme la fleur du lis, Jusqu'à ses chastes pieds laissent couler leurs plis. Vigny, Poèmes ant. et mod.,1837, p. 117.
PHARM. ANC. Confection d'hyacinthe. Sorte d'électuaire dans la composition duquel entrait l'hyacinthe. Et si le malade est foible, quelques prises de confections cordiales, comme confection d'hyacinte, d'orviétan, de thériaque, etc. (Geoffroy, Méd. prat.,1800, p. 254).
Prononc. et Orth. : [jasε ̃:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Bot. : Ac. renvoie à jacinthe. Hyacinthe graph. anc. et sav. de jacinthe s'emploie parfois au masc. dans le lang. poétique. Forme hyacinte ds Geoffroy, loc. cit. Étymol. et Hist. 1. a) 1523 hiacinte « pierre précieuse d'un jaune tirant sur le rouge » (Apoc. IX, 17, Nouv. Test., éd. Lefebvre d'Etaples, Paris ds Littré); b) 1564 « étoffe de la couleur de l'hyacinthe » un drap de hyacinthe (Nomb. 4. a. 11 ds Indice et recueil universel de tous les mots principaux des livres de la Bible, p. 169 ro); 2. a) 1559 bot. (Ronsard, Eclogue du Thier, 178 ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 10, p. 61 : ses bors soient pour jamais d'hyacintes semez); b) 1840 « qui est d'un bleu tirant sur le violet » (Ac. Compl. 1842). Empr. au lat.hyacinthus, lui-même du gr. υ ̔ α ́ κ ι ν θ ο ς « jacinthe » parfois aussi « pied d'alouette », a désigné aussi une pierre précieuse, peut-être l'aigue marine ou l'améthyste (v. Chantraine et P. Mann ds Romania, t. 49, pp. 188-189); le lat. hyacinthus servait à désigner plusieurs plantes à bulbe mal déterminées, en particulier la jacinthe (la diversité des couleurs de la fleur montre qu'il s'agit de plusieurs plantes, v. André Bot.), une pierre de couleur bleu-violet. Le sens 2 b ne se trouve que dans les trad. de la Bible, comme trad. du lat. chrét. hyacinthus « étoffe teinte de couleur pourpre-violet », v. TLL s.v. 3128, 15 sqq. Fréq. abs. littér. : 77. Bbg. Mettmann (W.). Zirkon und Hyazinth. Rom. Forsch. 1962, t. 74, pp. 123-126.