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HURLANT, -ANTE, part. prés. et adj.
I. − Part. prés. de hurler*.
II. − Adjectif
A. − [En parlant d'un animal] Qui hurle, qui pousse des cris aigus et prolongés. Chien hurlant; meute hurlante. Taureaux beuglants et loups hurlants de faim (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 114).Mais le Dieu, s'enivrant à ces jeux inouïs [des fauves], Par le thyrse et les cris les exaspère et mêle Au mâle rugissant la hurlante femelle (Heredia, Trophées,1893, p. 27).
B. − P. anal. [En parlant d'une pers.] Qui hurle, qui pousse des cris prolongés, aigus et violents. Comme un farouche essaim, les ménades hurlantes Déchirèrent son corps avec leurs mains sanglantes (Bainville, Cariat.,1842, p. 18).Ils attaquaient derrière les tanks fascistes quand ceux-ci n'avaient plus de munitions, où des types hurlants venaient demander l'urine pour refroidir les canons des mitrailleuses (Malraux, Espoir,1937, p. 840).
1. Hier, au marché, vente à la criée de viande d'hippopotame : puanteur insoutenable. Foule grouillante et hurlante; beaucoup de discussions, de disputes, entre femmes surtout, mais qui toujours se terminent par des rires. Gide, Voy. Congo,1927, p. 705.
[Constr. avec un compl. causal introd. par de] La salle entière tournée alors vers nous, hurlante de joie, transportée, trépignante, réclamait le héros (Céline, Voyage,1932, p. 126).
Au fig., littér. [En parlant de sentiment] Qui s'exprime par des hurlements et/ou des paroles véhémentes. Je suis las des grandes passions, des sentiments exaltés, des amours furieux et des désespoirs hurlants (Flaub., Corresp.,1846, p. 433).Ah! le bois scélérat, la forêt massacrée, qui, au milieu du sanglot des arbres expirants, s'emplissait peu à peu de la détresse hurlante des blessés! (Zola, Débâcle,1892, p. 361).
C. − P. anal. [En parlant d'un inanimé concr.] Qui produit des sons, des bruits semblables à un ou à des hurlements. Sirène hurlante. Les flots hurlants d'une mer en furie (Gautier, Albertus,1833, p. 163).La rafale se leva hurlante, courbant les grands peupliers qui gémissaient dans le noir (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 33).
D. − Au fig.
1. Qui produit un effet discordant. Le rapport burlesque et hurlant de deux expressions qui ne se sont jamais rencontrées (Goncourt, Journal,1857, p. 431).
2. Criard. Synon. fam. gueulard.Les passagers arborent des complets à carreaux des cravates hurlantes des gilets rutilants comme les cocktails incendiaires et les sauces corrosives (Cendrars, Du Monde entier,1957, p. 160) :
2. ... au premier abord, ses toiles sont un margouillis de tons bataillants et de contours frustes, un amas de zébrures de vermillon et de bleu de Prusse; écartez-vous et clignez de l'œil, le tout se remet en place, les plans s'assurent, les tons hurlants s'apaisent, les couleurs hostiles se concilient et l'on reste étonné de la délicatesse imprévue que prennent certaines parties de ces toiles. Huysmans, Art mod.,1883, p. 260.
3. Rare. Très manifeste. Synon. criant, flagrant.La ressemblance était hurlante (La Varende, Saint-Simon,1955, p. 335).
[Constr. avec un compl. introd. par de] Synon. de criant.Les figurines saisissantes de vie, hurlantes de vérité (Cendrars, Homme foudr.,1945, p. 352).
Prononc. : [yʀlɑ ̃] init. asp., fém. [-ɑ ̃:t]. Fréq. abs. littér. : 544. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 373, b) 952; xxes. : a) 1 364, b) 663.