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HENNÉ, subst. masc.
A. − Arbuste originaire d'Arabie (famille des Lythracées), répandu en Orient, et dont les feuilles séchées et pulvérisées fournissent une poudre colorante. Partout où se sont amoncelées les maisons d'un village, se balancent des palmiers; autour d'eux verdoient des cotonniers, des indigotiers, du henné, du maïs (Du Camp, Nil,1854, p. 88).Le henné (...) est un gracieux arbuste (Planchon, Collin, Drogues orig. végét., t. 2, 1895-96, p. 319).
B. − P. méton. Poudre de feuilles de henné; teinture du rouge au cuivré obtenue à partir de celles-ci. Cheveux, ongles teints au henné. Cinq filles de huit à quatorze ans, toutes secouant des tignasses foisonnantes, comme teintes au henné (Colette, Cl. école,1900, p. 287) :
Son visage brillant et pur, ses mains délicates teintées de henné, ses petits pieds fardés, tout son corps d'ambre et de jasmin répandaient la douce lueur d'une lampe de mosquée. Barrès, Jard. Oronte,1922, p. 81.
P. ell. « Changeur! » Une dame au henné a levé un billet de mille. Le changeur accourt. Les plaques tombent sur la table (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 399).
Prononc. et Orth. : [ene] init. asp.; [enne] init. asp. ds Barbeau-Rodhe 1930; [εnne] init. asp. ds Warn. 1968; antérieurement ds DG, Littré et Land. 1834. [e-] s'explique p. harmonis. vocalique. Vx : hinné var. ds Besch. 1846. Vx : henneh var. ds Littré. Cf. aussi ds Flaub., Corresp., 1862, p. 60 et ds Du Camp, Mém. suic., 1853, p. 162. Étymol. et Hist. A. 1240-44 encanne (Assises de Jérusalem, éd. A. Beugnot, t. 2, p. 175); xiiies. alchane (Simples médecines, éd. P. Dorveaux, §§ 102-105); 1256 alcanne (A. de Sienne, Régime du corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, p. 87, 32). B. 1541 henne (C. Gesner, Historia Plantarum..., 140 cité par R. Arveiller ds Z. rom. Philol. t. 94, p. 295); 1681 henné (M. Febvre, Théâtre de la Turquie, p. 197, ibid., p. 298). A empr. à l'ar. al-ḥinnā' (avec art. agglutiné) « le henné » (FEW t. 19, p. 71), par l'intermédiaire du lat. médiév. alchanna (mil. xiies., trad. par Gérard de Crémone de l'Almansouri de Razi [médecin persan, début du xes.], livre III, chap. 28 d'apr. Devic). B empr. à l'ar. ḥinnā' « henné » (prononcé ḥĭnnẹ en Syrie, Nasser, p. 387), par l'intermédiaire du lat. médiév. henne (fin xiiies., Liber agregatus in medicinis simplicibus, trad. de Sérapion, médecin arabe du ixes., cité par Arveiller, op. cit., p. 303). Fréq. abs. littér. : 18. Bbg. Quem. DDL t. 16, 18. - Thomas (A.) Nouv. Essais 1904, p. 153.