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GRENOUILLER, verbe intrans.
A. − Vx, pop. Boire abondamment, s'enivrer; boire beaucoup d'eau. (Dict. xixeet xxes.).
B. − Fam. Se baigner; barboter dans l'eau. Près de la Concorde, la jeunesse bourgeoise grenouillait aux bains Deligny, où l'eau était filtrée (Druon, Chute corps,1950, p. 276).
C. − Au fig., péj., surtout dans le domaine de la politiqueParticiper à des intrigues, à des tractations malhonnêtes, le plus souvent pour obtenir des avantages :
... le grenouillage n'est grenouillage qu'à l'échelon subalterne. À celui des grands intérêts de l'État, il devient profondeur et subtilité. Le nom change, le fond est le même. Dirais-tu que Retz ou Mazarin ont grenouillé? Louis XI grenouillait-il avec le duc de Bourgogne? Si l'on veut grenouiller au sens noble pour l'Histoire, il faut bien commencer à grenouiller au sens péjoratif, pour soi, afin de parvenir aux grands postes, où l'Histoire est à portée de main. J. Dutourd, Les Horreurs de l'amour, Paris, Gallimard, 1963, p. 442.
REM. 1.
Grenouillage, subst. masc.,au fig., fam. Ensemble d'intrigues, de manœuvres, de tractations malhonnêtes. Autour des élections, quel grenouillage! (Riv.-Car.1969).Les grenouillages politiques sont odieux (Quillet Suppl.1971).V. aussi ex. supra.
2.
Grenouilleur, subst. masc.,au fig., fam. Celui qui pratique le grenouillage. Le fantastique mépris qu'il [Roger Degueldre] professait pour les politicards de la Métropole, pour les grenouilleurs de la Chambre, pour les députés en général, s'étendait aussi aux mouvements ultras (Y. Courrière, Les feux du désespoir, Paris, Fayard, 1971, p. 392).
Prononc. et Orth. : [gʀ ənuje], (il) grenouille [gʀ ənuj]. Ds Ac. 1694-1835. Étymol. et Hist. A. a) 1527 « barboter » (Le Loyal Serviteur, Hist. de Bayart, ch. 47 ds Hug.); b) 1954 « pratiquer le grenouillage » (d'apr. Rob. Suppl. 1970). B. 1555 « boire abondamment » (Les Comptes du monde aventureux, 41 [II, 55]); 1865 « boire beaucoup d'eau » (Larch., p. 166). Dér. de grenouille*; dés. -er.