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GUÊPIER, subst. masc.
A. − ENTOMOL. Nid de guêpes; p. méton. ensemble des guêpes vivant dans le nid. Ces constructions sont multiformes (...). Elles ont des alvéoles comme un guêpier, des tanières comme une ménagerie (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 277).
Au fig.
1. Endroit bruyant, plein d'agitation. Tout ce monde [autour de Mmede Goethe] collabore et babille dans cette Babel, chacun dans sa langue (...). Partout ailleurs, c'eût été un affreux guêpier de bas-bleus (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 283).
2. Endroit dangereux, situation complexe et délicate dont on arrive difficilement à sortir sans dommage. Synon. pétrin (fam.), piège, souricière, traquenard.Donner, tomber dans un guêpier. Ce n'est pas la peine de nous donner tant de mal pour tirer Albert du guêpier où il s'est fourré (Curel, Nouv. idole,1899, I, 1, p. 163).
B. − ORNITH. Passereau des régions chaudes, au large bec, aux pattes courtes et au plumage coloré, se nourrissant de guêpes et d'abeilles :
Les tourterelles ne faisaient plus entendre leurs roucoulements passionnés, qui, dans la poésie arabe, sont l'image même du désir; les guêpiers à la gorge bleue et aux ailes bronzées ne s'abattaient plus par milliers dans les ramures... Tharaud, Fête arabe,1912, p. 126.
Prononc. et Orth. : [gεpje] ou [ge-]. Le timbre ouvert de la voyelle protonique a cependant moins de mal à se maintenir que dans d'autres mots grâce à l'infl. graph. de l'accent circonflexe. Le mot est ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1376 gespier zool. (Les livres du Roy Modus et de la reine Ratio, éd. G. Tilander, 80, 77); 2. a) 1636 entomol. (Monet); b) 1775 fig. se fourrer la tête dans un guêpier « se trouver au milieu de gens qui cherchent à vous nuire » (Beaumarchais, Barbier, I, p. 556); 1812 guêpier « situation critique » (Mozin-Biber). Dér. de guêpe*; suff. -ier*; cf. au sens 2 l'a. prov. vespiar (ca 1490 ds Levy (E.) Prov.). Fréq. abs. littér. : 54. Bbg. Chautard (É). La Vie étrange de l'arg. Paris, 1931, p. 446.