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GUÉ1, subst. masc.
Endroit peu profond d'un cours d'eau, permettant de le traverser sans perdre pied. Là, ni radeau, ni pont. Il fallait passer pourtant. Ayrton s'occupa de chercher un gué praticable (Verne, Enf. cap. Grant, t. 2, 1868, p. 109).
À gué. En utilisant un gué. Tous les ponts avaient été rompus (...) et le roi de Neustrie se tenait (...) prêt à livrer bataille, si l'on tentait le passage à gué (Thierry, Récits mérov., t. 2, 1840, p. 28) :
... parce qu'on passe sous les premiers châtaigniers, puis, parce qu'on traverse à gué des torrents d'une eau couleur d'herbe et luisante comme de l'huile... Giono, Regain,1930, p. 12.
Au fig. Sonder le gué. Examiner discrètement et habilement une affaire avant de s'y engager. (Dict. xixeet xxes.).
Proverbe. On ne change pas les chevaux au milieu du gué. ,,On ne change pas de personnel dans une passe difficile, périlleuse`` (Rob.).
REM.
Guéage, subst. masc.Passage à gué. C'était une vraie rivière dont le guéage n'eût pas été commode (Sand, Maîtres sonneurs,1853, p. 121).
Prononc. et Orth. : [ge]. Att. ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 2994). De l'a. b. frq. *wad̄ (cf. le traitement phonét. w- > g-) « endroit guéable » que l'on peut restituer d'apr. l'a. h. all. wat « id. », le m. néerl. wat « id. » et qui correspond au lat. vadum (d'où sont issus le roum. vad, le port. vau et l'esp. vado). Gué au sens de « mare, abreuvoir » (ca 1200 gué « mare », Aliscans, éd. E. Wienbeck, W. Hartnacke, P. Rasch, CXXIb, 56; 1280 weis « abreuvoir », Reg. aux bans ds Gdf. Compl.) est également à rattacher à l'a. b. frq. *wad̄ qui signifiait prob. aussi « petit étang » (cf. le m. néerl. wat « endroit guéable » et la forme fém. correspondante wade « petit étang ») comme semblent le prouver les dial. du Nord et de l'Est où ce sens est très répandu, cf. FEW t. 17, p. 440a. Fréq. abs. littér. : 167.