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GRONDEUR, -EUSE, adj.
A. − [Correspond à gronder A] Qui produit un grondement. Vent grondeur. La terre est calme auprès de l'océan grondeur (Hugo, Légende, t. 3, 1877, p. 27).D'un livide brouillard chaud des fauves odeurs Que répandent les ours et les lions grondeurs (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 3).
B. − [Correspond à gronder A ou B, en parlant d'une pers.] Qui a l'habitude de gronder (bougonner ou réprimander) ou qui gronde momentanément. Synon. bougon, grognon, ronchon, râleur (pop.).Certainement, j'ai de l'humeur; et j'aimerais mieux vous voir brusque, grondeur, grossier même, que d'une complaisance aussi ridicule (Leclercq, Prov. dram., Manie prov., 1835, 1, p. 9).Une vieille dame d'Amiens, insupportable, prêcheuse, hargneuse, grondeuse, mauvaise et vindicative (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Farce, 1883, p. 1281) :
1. Alors Deschartres, qui jusque-là avait gardé un ton magistral, entre en colère et devient rude, grondeur, insolent. Des reproches il passe aux menaces. Sand, Hist. vie, t. 1, 1855, p. 428.
Emploi subst., vx. Le débardeur était une femme, une vieille grondeuse acariâtre, à moitié homme, ayant une grosse voix enrouée (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 539).Cet insupportable grondeur [Alceste] qui fait profession de rompre en visière à tout le genre humain (Mauriac, Journal 2,1937, p. 170).
P. méton. Qui exprime la gronderie ou le mécontentement. Ton grondeur, voix grondeuse. Elle rapportait chez elle une humeur grondeuse, une imagination distraite, un esprit de parcimonie (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 33).− Vous ne croyez pas en Dieu. Elle répétait avec la tendresse grondeuse d'une mère pour son enfant fautif (Jouve, Paulina,1925, p. 105) :
2. Justin, dans cette paix nocturne, se laissait aller à des confidences grondeuses : « Cette maison est un gouffre!... Ils sont tous très épatants, c'est entendu, mais ils ne ferment pas les portes, ils ne ferment pas les placards. Ils n'ont aucune discipline... ». Duhamel, Désert Bièvres,1937, p. 140.
Prononc. et Orth. : [gʀ ɔ ̃dœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1586 (I. Lambert, Discours évangéliques, II, 119a ds Rom. Forsch. t. 32, p. 74). Dér. de gronder*; suff. -eur2*, -euse. Fréq. abs. littér. : 90.