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GRISERIE, subst. fém.
A. − Vieilli. État d'une personne plus ou moins ivre. Une griserie de champagne (Goncourt, Journal,1889, p. 966) :
1. Philippe-Auguste se versait à boire coup sur coup. Ses yeux s'allumaient, son long jeûne lui donnant une griserie rapide. Le prêtre s'en aperçut; il faillit l'arrêter, puis la pensée l'effleura que l'ivresse rendait imprudent et bavard, et, prenant la bouteille, il emplit de nouveau le verre du jeune homme. Maupass., Contes et nouv., t. 2, Champ. d'oliv., 1890, p. 90.
B. − P. anal. Excitation physique qui étourdit, état comparable à l'ivresse. La voluptueuse griserie de la tiède journée de septembre (Theuriet, Mar. Gérard,1875, p. 150).L'excitation de ses longues caresses, rendaient plus vive cette griserie charnelle (Zola, Joie de vivre,1884, p. 1019).La griserie de vitesse (Gracq, Beau tén.,1945, p. 185) :
2. J'essayais de me procurer la sauvage griserie animale que j'avais connue jadis dans des courses semblables (...) par cette sensation de la marche forcée et celle des hauteurs (...). Je parvenais ainsi à une sorte de délire farouche... Bourget, Disciple,1889, p. 172.
C. − Au fig. Excitation cérébrale, exaltation produisant souvent une certaine altération du jugement, de la pensée. Voilà jusqu'où va la griserie de l'auteur [M. Sainte-Beuve] : il compare le baragouin du père Archange, Irlandais, à la peinture du Pérugin! (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1840, p. 302).La délicate griserie de l'amour qui commence (Theuriet, Mais. deux barbeaux,1879, p. 103).
Prononc. : [gʀizʀi]. Étymol. et Hist. 1838 « légère ivresse » (Barbey d'Aurevilly, Journal, 22 mars, 251 ds Quem. DDL t. 3). Dér. de griser2*; suff. -erie*. Fréq. abs. littér. : 143.