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GRÉSILLEMENT, subst. masc.
A. − Crépitement (de quelque chose) sous l'action de la chaleur. Grésillement de la friture; grésillement d'une lampe, d'une bougie. Alors on entendait les cris des mères et le grésillement de la graisse qui tombait sur les charbons (Flaub., Salammbô, t. 2, 1863, p. 114).Parfois un charbon tombant dans l'eau, s'y éteignait avec un long grésillement (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 248).
B. − P. anal. (cf. aussi grésil). Bruit semblable au crépitement de quelque chose sous l'action de la chaleur, au bruit d'une précipitation de grésil. Parfois, on entend un grésillement, un bruit de friture, et on entre dans une grande salle où les dactylographes pianotent comme des aliénées : une musique d'orage, piquée de petits coups de timbre (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 11).Le son est nécessaire au cinéma pour couvrir les bruits de la salle ou le grésillement de l'appareil de projection (Arts et litt.,t. 1, 1935, p. 44-1).Le silence qui retombe n'est plus troublé que par l'imperceptible grésillement de la pluie sur les feuilles sèches (Bernanos, Mouchette,1937, p. 1268) :
... du grésillement obsédant des lampes à arc paraissait depuis peu d'instants se différencier (...) un bruit égal et suprêmement émouvant, qui se révéla bientôt être à n'en pas douter, par-delà de hauts murs noirs qui limitaient de toutes parts la vue, le murmure unanime d'une foule agenouillée et invisible et priant... Gracq, Argol,1938, p. 150.
[Le compl. désigne un insecte] C'est cependant le cas pour le grésillement continu des courtillières, grillons, mantes et empuses qui habitent les centaurées et les tapis d'aiguilles de pins (Giono, Chron., Noé, 1847, p. 233).
En partic. Crépitement parasite se produisant dans un appareil de transmission. Il reposa doucement le récepteur au milieu de la table et recula d'un pas. Il entendait, dans l'appareil, une sorte de grésillement (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 534).Son oreille droite entendait un grésillement sec, en zig-zag (Sartre, Sursis,1945, p. 11).Un énorme grésillement se fit entendre dans les tribunes [du stade]. Puis les haut-parleurs (...) déclarèrent en nasillant que les internés devaient regagner leurs tentes (Camus, Peste,1947, p. 1415).
Prononc. et Orth. : [gʀezijmɑ ̃]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1. 1721 « action de racornir (en parlant du feu); résultat de cette action » (Trév.); 2. 1785 « léger crépitement » (Buffon, Hist. nat. des minéraux, t. 3, p. 251); 3. 1862 « bruit de certains insectes » (M. Sand, Six mille lieues ds R. des Deux-Mondes, 15 févr., p. 937). Dér. de grésiller2*; suff. -ment1*. Au sens 3, prob. extension du sens 2, plutôt que contraction du rad. de grésillonner, « crier, bourdonner (en parlant du grillon) » (FEW t. 4, p. 269a), qui ne semble employé que par A. Paré (Hug.) et repris par les dict. gén. (1611, Cotgr. − 1845, Besch.). Fréq. abs. littér. : 64.