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GNOME, subst. masc.
A. − Génie nain et difforme ayant charge, dans la tradition cabaliste, de la terre et de ses trésors. Scarbo, gnome dont les trésors foisonnent, vannait sur mon toit, au cri de la girouette, ducats et florins qui sautaient en cadence, les pièces fausses jonchant la rue (Bertrand, Gaspard,1841, p. 121) :
1. Je ne sais quelle vision des âges révolus jaillissait de cette flamme magique à la pointe dévorante. Les Van Claës et les Nicolas Flamel, la pierre philosophale, les feux follets du Brocken papillotaient parmi les kobolds, les gnomes et autres génies du monde souterrain. Amiel, Journal,1866, p. 111.
Rem. En appos., « qui rappelle, évoque le gnome ». Les sauts Gnomes. Décomposition : a) jambe de position fléchie, l'autre dégagée; b) propulsion verticale en repliant les deux jambes; c) chute sur les deux pieds joints (Bourgat, Techn. danse, 1959, p. 66).
B. − Au fig. Personne de petite taille et difforme. Harbaroux : un gnome malingre (Martin du G., J. Barois,1913, p. 317) :
2. Il y avait de petits hommes efflanqués qui se suspendaient volontairement à un clou; il y avait de petits gnomes difformes, maigres, dont les yeux suppliants réclamaient l'aumône mieux encore que leurs mains tremblantes; et puis de vieilles mères portant des avortons accrochés à leurs mamelles exténuées. Baudel., Poèmes prose,1867, p. 102.
REM.
Gnomatique, adj.,hapax. Cette espèce de bouffon gnomatique, qui semble glisser à son oreille les paroles des confidents comiques de Shakespeare (Goncourt, Journal,1861, p. 956).
Prononc. et Orth. : [gno:m]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1583 « petit génie présidant à la terre et à ce qu'elle contient » (Vigenère, Tite-Live, I, p. 1316 ds DG); p. anal. 1867 « homme très petit et contrefait » supra ex. 2. Empr. au lat. mod.gnomus utilisé par Paracelse (De Nymphis et Pygmaeis, Œuvres, 9, 45); comme synon. de Pygmaei. D'apr. NED ce mot qui n'aurait pas été créé par Paracelse lui-même, serait peut-être une erreur pour *genomus, représentant un type gr. *γ η ν ο ́ μ ο ς « habitant de la terre », de même construction que θ α λ α σ σ ο ν ο ́ μ ο ς « habitant de la mer ». Fréq. abs. littér. : 88.