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FORMIDABLEMENT, adv.
D'une manière formidable.
A.− Vieilli ou littér. D'une manière qui fait peur. Là, abandonnés, vaincus, terribles, ces carrés sombres agonisaient formidablement (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 411).Et qu'au firmament, (...) Rugit le tonnerre Formidablement (Verlaine, Poèm. saturn.,1866, p. 67):
O formidablement gravie, Et sur d'effrayants échelons, Je sens dans l'arbre de ma vie La mort monter de mes talons! Valéry, Charmes,1922, p. 135.
B.− Usuel, fam.
1. [Avec un verbe] À un degré extrême, d'une manière exceptionnelle. Synon. rudement, terriblement; vachement (pop.).Mon excuse, la voici : depuis mon retour à Croisset, j'ai formidablement travaillé (Flaub., Corresp.,1873, p. 24).Je rêve à l'Afrique où je me suis formidablement amusé (Gide, Corresp.[avec Valéry], 1894, p. 207).Les Proboscidiens ont formidablement compliqué leurs incisives et leurs molaires (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p. 173).
2. [Avec un adj. ou un adv.]
a) D'une façon remarquable. Synon. étonnamment.Ils prétendent alors, qu'ils sont formidablement jeunes (Céline, Voyage,1932, p. 467).
b) Très, extrêmement. Formidablement riche dans un monde où on l'est de moins en moins (Proust, Guermantes 1,1920, p. 224).Une femme passa. Elle était formidablement bien fringuée (Sartre, Âge de raison,1945, p. 227).
Prononc. et Orth. : [fɔ ʀmidabləmɑ ̃]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1840 « d'une manière qui inspire la crainte » (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, p. 451); 1873 « énormément » (Flaub., loc. cit.). Dér. de formidable*; suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 56. Bbg. Mat. Louis-Philippe 1951, p. 195.