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FRÔLEUR, EUSE, adj. et subst.
I.− Emploi adj. [Correspond à frôler A]
A.− [En parlant d'une pers.; p. anal. d'un animal, ou d'un inanimé concr. momentanément doué de mouvement] Qui frôle. Le vent passe sur nous comme un oiseau frôleur (Martin du G., Devenir,1909, p. 138).
Au plur. [Correspond aux emplois réciproques de frôler] Qui se frôlent. On va, dans cette sorte d'eau noire [une forêt], opaque, à peine troublée par une risée haute qui remue des branches frôleuses au-dessus de nos têtes (Vialar, Bal sauv.,1946, p. 78).
B.− P. ext. [En parlant d'une pers.; p. méton., d'une partie du corps humain (lèvres, doigts)] Qui caresse, aime caresser. Cet enfant frôleur et câlin (A. Daudet, Pte paroisse,1895, p. 51).Il pensa qu'elle était enchantée d'elle-même à l'idée d'être aux caresses aussi sensible qu'un chat. Elle renversa la tête pour appuyer la nuque contre les doigts frôleurs (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 239).
II.− Emploi subst.
A.− Subst. masc. Homme qui recherche, dans les foules, les occasions de frôler les femmes. L'obscurité dont tu parles fut calculée pour mettre à l'aise les frôleurs ou les tripoteurs que détraque le violoncelle? (Bloy, Femme pauvre,1897, p. 168).
B.− Subst. fém. Femme aux allures provocantes. Synon. aguicheuse, allumeuse.Est-elle, ce que je crois, une mélancolique et terrible allumeuse qui ne songe qu'à elle; (...) dans ce cas, elle serait une... frôleuse! (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 249).Ah! nous sommes loin des petites frôleuses du temps de Marcel Prévost (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 406).Des « frôleuses » et des péripatéticiennes (...) parfaitement renseignées sur le pouvoir de tel ministre ou le crédit bancaire de tel diplomate (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 166).
Prononc. : [fʀolœ:ʀ], fém. [-ø:z]. Étymol. et Hist. 1876 branches frôleuses (A. Daudet, Jack, t. 2, p. 185); 1879 subst. masc. « maniaque qui recherche les contacts féminins » (Pailleron, Âge ingrat, I, 3, p. 14); 1882, 5 juill., subst. fém. (Goncourt, Journal, VI, ds Fuchs, Lex. Journal Goncourt). Dér. du rad. de frôler*; suff. -eur2.* Fréq. abs. littér. : 15. Bbg. Darm. 1877, p. 103. − Dub. Dér. 1962, p. 41. − Quem. DDL t. 4.