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FRESSURE, subst. fém.
A.− BOUCH. Ensemble des gros viscères d'un animal de boucherie : poumons, cœur, thymus, foie et rate. Bouchers et bouchères, accourus sur le pas de leur porte, l'injurièrent grossièrement en lui jetant des tripes et de la fressure au visage (Grousset, Croisades,1939, p. 338).
Fam., rare
P. anal. [À propos de l'homme] S'ils pouvaient trouver une sauce pour manger nos fressures comme celles des veaux, ils mangeraient du chrétien! dit la vieille Bonnébault (Balzac, Paysans,1844-50, p. 355).L'estomac ne va plus. J'ai la fressure ben délicate (Genevoix, Raboliot,1925, p. 131).
Au fig. Cœur, considéré comme le siège des passions. Les appas, mûrs mais durs qu'appète Ma fressure (Verlaine, Œuvres compl.,t. 2, Chair, éd. de Cluny 1943 [1896], p. 119).
B.− P. méton., ART CULIN.
1. Ces abats consommés en ragoût, poêlés ou braisés. Un plat posé chaud sur la table de bois blanc et là-dedans la fressure grésillait avec des morceaux de foie violets comme des fleurs et des ris en grappe (Giono, Solit. Pitié,1932, p. 16).
2. Région. (Ouest). Plat préparé avec les parties du porc non utilisées pour d'autres préparations, auxquelles on ajoute notamment des dés de pain et du sang (d'après Lar. mén. 1926). Pour la collation de quatre heures : la terrine de « fressure » (Châteaubriant, Lourdines,1911, p. 225).
Prononc. et Orth. : [fʀ εsy:ʀ] ou p. harmonis. vocalique [fʀe-]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1230 froissure « gros viscères d'un animal » (Eustache le Moine, 564 ds T.-L.); 2. ca 1230 en parlant d'un homme (G. de Coinci, Miracles, II Mir. 23, 280, éd. V. F. Koenig, t. 4, p. 212). Du b. lat. frīxura « poêle à frire; action de frire ». (On fait des fricassées avec la fressure). Le -oi- puis -e- de la 1resyll. s'explique prob. par l'infl. du lat. fresa, v. fraise2(FEW t. 3, p. 815a, s.v. frixura). Fréq. abs. littér. : 10. Bbg. Bugge (S.). Étymol. rom. Romania. 1875, t. 4, pp. 355-356. − Lew. 1960, p. 93.