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FORFAITURE, subst. fém.
A.− DR. FÉOD. Acte commis en violation du serment de foi et d'hommage prêté par un vassal à son suzerain et entraînant la confiscation du fief tenu par ce vassal :
Ce seigneur, un des plus puissans de France, avait assemblé des gens de guerre, avait muni ses forteresses, et ravageait tout le pays comme un chef de compagnie (...) le Parlement avait prononcé la forfaiture. Grâce de la vie lui fut donnée, mais il perdit toutes ses seigneuries. Barante, Hist. ducs de Bourg.,t. 2, 1821-24, p. 239.
B.− DR. Crime commis par un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions. Le refus d'appliquer la loi officiellement constaté, c'était le déni de justice, crime de forfaiture puni par l'article 135 du code pénal (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 135).
C.− P. ext. (de A et de B). Manquement grave à une parole donnée, à son devoir; trahison de la confiance d'autrui. Couvrir, vis-à-vis du peuple français, une liquidation éventuelle de son Empire serait, de notre part, une forfaiture (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 608).
Prononc. et Orth. : [fɔ ʀfεty:ʀ] ou, p. harmonis. vocalique, [fɔ ʀfe-]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1130 « amende qui punit un délit » (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, p. 27, § 40); 2. a) 1283 forfeture dr. féod. « violation du serment de foi en hommage » (Ph. de Beaumanoir, Coutumes de Beauvaisis, éd. A. Salmon, § 531); b) 1690 forfaiture dr. « prévarication d'un magistrat » (Fur.). Dér. savant de forfaire*. Fréq. abs. litt. : 54. Bbg. Lew. 1960, p. 90.