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FORCEMENT, subst. masc.
Vieilli
A.−
1. Action de forcer un gibier. Au fig. Action de contraindre quelqu'un par la force. Et c'est le forcement de cet homme hagard. Et les bourreaux lâchés dans la plaine et les bois (Péguy, Ève,1913, p. 807).
2. Action de s'emparer (d'un objectif militaire) par la force. Ce résultat atteint, la 1rearmée britannique tenterait le forcement de l'Escaut (Foch, Mém.,t. 2, 1929, p. 223).
B.− Synon. de forçage*.
À forcement. Synon. de à force (cf. ce mot II C 4).[Le bouton de l'archet] se compose d'un morceau d'ébène octogonal pourvu de deux viroles, et dans la partie médiane duquel a été placée à forcement la vis de serrage (Lallement, Dyn. instrum. archet,1925, p. 11).
Au fig. L'État se fait ses hommes. Je ne crois pas que la culture y gagnera. Mais je considère que nous ne pouvons pas ne pas observer que nos enfants se trouveront demain en face de ces hommes nouveaux; façonnés, dressés selon des plans systématiques (...). J'ai grand peur que la liberté de l'esprit et les productions les plus délicates de la culture ne pâtissent de ce forcement des intelligences (Valéry, Variété IV,1938, p. 203).
C.− Augmentation, renforcement au-delà du normal. Variété des bruitismes vocaux, forcement des timbres normaux (Schaeffner, Orig. instrum. mus.,1936, p. 15):
Le forcement du signe physique du rire ne signifie rien; c'est comme cet enfant qui, désirant qu'il soit cinq heures, pour avoir son goûter, (...) met l'aiguille de la pendule sur cinq heures. Stendhal, Racine et Shakspeare,Paris, Champion, t. 2, 1842, p. 137.
Prononc. et Orth. : [fɔ ʀsəmɑ ̃]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1341 « action de forcer quelqu'un » ici en partic. « viol » forcemens de femmes (Arch. JJ., 73, fo250 vods Gdf.); 1611 id. en parlant d'une chose (Cotgr.). Dér. de forcer*; suff. -ment1*. Fréq. abs. littér. : 5. Bbg. Lew. 1960, p. 73.