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FILIFORME, adj.
A.− Qui est mince et allongé comme un fil. Antennes, tiges filiformes. Les ailes paraissent formées par une expansion de ce tissu : elles sont, en effet, composées de filaments ou cellules filiformes flexueuses (A. Brongniart, Graines foss.,1876, p. 27).Des fleurs sur des pédoncules filiformes, parmi les plus fragiles de la nature, mais dressées et rigides (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 250).
MÉD. Pouls filiforme. Très faible, donnant sous le doigt la sensation d'un fil. Le pouls est petit, irrégulier, filiforme (Dopter dsNouv. Traité Méd.,fasc. 3, 1927, p. 295).Une phrase revenait au docteur Rieux, une phrase qui terminait justement dans son manuel l'énumération des symptômes : « Le pouls devient filiforme et la mort survient à l'occasion d'un mouvement insignifiant. » (Camus, Peste,1947, p. 1247).
B.− P. ext.
1. [En parlant d'une partie ou de l'ensemble du corps] Qui est d'une maigreur extrême. Sa croissance brusque de long garçonnet filiforme (Colette, Chatte,1933, p. 23).Cet ecclésiastique au dos filiforme et aux mains grêles était fort gêné de ce qu'il avait à dire (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 116):
Les dames filiformes et presque squelettiques du milieu du xiiesiècle font place à des figures toujours élégantes mais aux proportions plus proches de la réalité. L'Hist. et ses méth.,1961, p. 431.
2. [En parlant de la voix] Très ténue. La voix la plus amenuisée, la plus filiforme de la maîtrise, la voix du plus petit des enfants (Huysmans, En route,t. 2, 1895, p. 229).
C.− Au fig. Dont l'intérêt, la valeur, sont très minces. L'idée mélodique de l'œuvre était bien filiforme, bien mince pour être exécutée par un aussi fracassant orchestre (Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 267).La perfection (...) également éloignée et du spontané pur qui est n'importe quoi, et de la production toute volontaire qui est pénible, filiforme, niable par toute volonté autre (Valéry, Tel quel I,1941, p. 218).
Prononc. et Orth. : [filifɔ ʀm̥]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1762 « fin et allongé comme un fil » (Geoffroy, [Hist. naturelle des insectes des environs de Paris] ds Brunot t. 6, p. 595, 632). Dér. du rad. du lat. filum, fil*; élém. suff. forme*. Fréq. abs. littér. : 23.