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FILANDREUX, EUSE, adj.
A.− Qui est rempli de filandres, de fibres longues et dures. Chair, écorce filandreuse. Elle cuisait les trognons de choux verts, ces hautes tiges filandreuses qu'on trouve encore après l'hiver dans les jardins (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 117).Quant à la viande, est-elle filandreuse ou mal cuite, je préfère me passer de dîner (Gide, Ainsi soit-il,1951, p. 1168).
1. [P. anal. d'aspect] [En parlant d'un tissu, d'un vêtement] Synon. de effiloché.Elle aperçut (...) une redingote filandreuse à boutons sans moule, dont les capsules béantes et recroquevillées étaient en parfaite harmonie avec des poches usées et un collet crasseux (Balzac, Rabouilleuse,1842, p. 350).Ses bas troués, ses vieux jupons crasseux, ses culottes rapiécées, son linge filandreux (Erckm.-Chatr., Ami Fritz,1864, p. 65).
2. Au fig. [Appliqué au style d'un écrit, d'un discours] Confus, embrouillé, alourdi de détails inutiles. Leur filandreuse éloquence boite et tergiverse tortueusement (Mussetds Le Temps,1831, p. 73).Qu'est-ce que tu viens nous embêter avec tes idées filandreuses... Des tendons de bœuf, tes idées! (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 26).
P. méton. [Appliqué à un écrivain, un orateur] Qui manque de clarté, de concision. L'abbé Moulin, orateur lourd et filandreux, fut tout de suite éloigné de la chaire, et les corvées pénibles l'accablèrent : catéchismes, convois funèbres (Coppée, Vrais riches,1891, p. 7).M. Beautiran, aussi filandreux que son idole M. Roland, emmaillotait de ses longues phrases son hôtesse (Morand, P. de Saligny,1947, p. 135).
B.− ARCHIT. [En parlant de certaines roches] Qui présente des fils, des filandres. On appelle : [marbre] filandreux, celui qui a des fils ou fissures qui nuisent à son poli et le rendent plus cassant (Bourde, Trav. publ.,1928, p. 87).
REM.
Filandreusement, adv.,au fig. En s'allongeant et en perdant consistance. Il aimait aussi voir la soirée s'étirer filandreusement, car il espérait ne pas se coucher avant son départ à cinq heures (Queneau, Pierrot,1942, p. 132).
Prononc. et Orth. : [filɑ ̃dʀø], fém. [-ø:z]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1603 « que l'on file » le filandreux coton (J. de Champ-Repus, Ulysse, V, p. 63 ds Hug.), attest. isolée; 1690 « qui renferme des fibres, ici terme de maçonn. » (Fur.); 1831 fig. filandreuse éloquence (Musset, supra). Dér. de filandre*; suff. -eux*. Fréq. abs. littér. : 30.