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FALSIFICATION, subst. fém.
Action de falsifier; résultat de cette action.
A.− Altération frauduleuse (d'une substance quelconque). La falsification des denrées du bord est punie par la loi (Le Clère1960).Ce qu'il a trouvé, ce siècle, c'est la falsification des denrées, la sophistication des produits (Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 191).La principale falsification du pain est son hydratation exagérée (Macaigne, Précis hyg.,1911, p. 251).
Falsification des monnaies. Altération de leur valeur en en modifiant le poids ou le titre (cf. Ac. 1878-1932).
P. anal. La falsification de cet acte est visible (Ac.).Il [Beaufort] apprécia les sources, indiqua les lacunes, les contradictions, les falsifications généalogiques (Michelet, Hist. romaine,t. 1, 1831, p. III).Elle [Fausta] (...) se mit à relire la lettre avec l'attention d'un avocat qui soupçonne une falsification dans un acte (Mérimée, Âmes Purg.,1837, p. 346).
B.− Au fig. Action de donner une fausse apparence à, de dénaturer, de modifier. Falsification de la vérité, des nouvelles. Ah! La femme nue! − Qui l'a peinte superbe et réelle, sans arrangements prémédités, sans falsifications et de traits et de chairs? (Huysmans, Art mod.1883, p. 262).Certains points de ses articles où paraissait manifestement un désir de falsification de ma pensée (Gide, Journal,1923, p. 772).Une falsification du réel, une peinture menteuse de l'homme est mauvaise absolument et ne profite qu'au démon de la niaiserie (Mauriac, Journal,1940, p. 263):
Qu'est-ce donc qu'être sincère? (...) à peine la « volonté » s'en mêle, ce vouloir-être-sincère-avec-soi est un principe inévitable de falsification. Valéry, Variété II,1929, p. 108.
Prononc. et Orth. : [falsifikasjɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1369 (cité ap. Giry, Établissements de Rouen, 367 ds R. Hist. litt. Fr. t. 12, p. 695). Empr. au lat. médiév. falsificatio (1205 ds Latham). Fréq. abs. littér. : 59.