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FAISANDER, verbe trans.
A.− Emploi trans.
1. Faisander un gibier. Le conserver quelques jours avant de l'apprêter pour lui faire subir un commencement d'altération qui lui donne un fumet spécial. Faisander un lièvre. Si le faisan n'a pas été faisandé jusqu'à ce que son ventre change de couleur, il n'a pas plus de fumet que la poule de basse-cour (Audot, Cuisin. campagne et ville,1896, p. 259).
P. ext. [En parlant d'une viande autre que le gibier] La garder crue quelque temps afin de l'attendrir. Faisander un bifteck (Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.).
2. Au fig. Faisander qqn
a) Corrompre moralement. En 1914, bien des grincheux virent dans le tango une manœuvre du Satan allemand pour faisander notre race (Cocteau, Poés. crit. I,1959, p. 57).
b) Duper, tromper. Alors je pense que c'est à cause de moi que la Vache l'a faisandé [le Corse] dans leur combine (Carco, Jésus-la-Caille,1914, p. 218).
B.− Emploi pronom.
1. [En parlant d'un gibier] Commencer à s'altérer et acquérir de ce fait un fumet particulier. Des perdrix qui se faisandaient (Ac.1932).[Avec ell. du pronom] Vous avez trop laissé faisander ce lapin (Ac.1798-1878).
Rem. On relève chez Vallès un emploi où le mot est construit intransitivement. Je l'adore, cette odeur montante, moutardeuse, verte, − si l'on peut dire verte, − comme les cuirs qui faisandent dans l'humidité ou qui font sécher leur sueur au soleil (J. Vingtras, Enf., 1879, p. 53).
2. Au fig., arg. [Le suj. désigne une pers.] Vieillir. Le Bonaparte me fait l'effet de se faisander. Il n'en a pas pour longtemps. L'Empire l'a avancé (Hugo, Corresp.,1853, p. 137).
Prononc. et Orth. : [fəzɑ ̃de]. Voyelle de 1resyll. ant d'aperture moy. (timbre [e], [ε] ou intermédiaire) ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 2 1787, Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844, Littré, DG, Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1393 (Ménagier de Paris, II, 89 ds T.-L.). Dér. de faisan*; dés. -er, avec développement d'un -d- p. anal. avec les dér. de mots en -and (Nyrop t. 3 § 88). Fréq. abs. littér. : 2. Bbg. Guiraud (P.). Le Ch. morpho-sém. du mot tromper. B. Soc. Ling. 1968, t. 63, pp. 96-109. − Sain. Sources t. 3 1972 [1925], p. 80.