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FAGOTER, verbe trans.
A.− Mettre en fagots. On a coupé ce bois taillis, il n'y a plus qu'à le fagoter (Ac.1835-1932).
Emploi abs. Le matin du vendredi où Grange et sa femme devaient aller chercher Pauline, le valet s'en fut fagoter de bonne heure. Dans le bois, près d'une fontaine, il se vit abordé par un homme (Pourrat, Gaspard,1922, p. 26).
B.− Au fig., péj., fam. Composer, disposer à la hâte et sans art. Le roi était le cardinal de Richelieu; moi, j'étais Conrart ou Malleville aidant Armand à fagoter ce beau vers : La cane s'humectait de la bourbe de l'eau (Chateaubr., Mém.,t. 3, 1848, p. 193).
En partic. Habiller avec mauvais goût. Synon. accoutrer, affubler.Elle a une vieille couturière bossue qui la fagote n'importe comment (Simenon, Vac. Maigret,1948, p. 75).
Emploi pronom. réfl. S'habiller mal :
Il s'en prenait au domino de satin noir. Avait-on jamais vu une femme se fagoter de la sorte! On ne lui voyait pas même le cou. Il l'avait prise pour un garçon... Zola, Curée,1872, p. 459.
Rem. On rencontre ds la docum. fagoté, ée, part. passé en emploi adj. Qui est habillé sans soin. Être mal fagoté. Bizarres, fagotées [les Japonaises], ridicules tant qu'on voudra; mais communes, presque jamais (Loti, Exilée, 1893, p. 238). Non, je suis trop mal fagotée pour aller dans un endroit assez chic (J. Lévy, Gosses Paris, 1898, p. 29).
Prononc. et Orth. : [fagɔte]. Ds Ac. dep. 1694. Attestations isolées de la forme fagotter qui est ds Ac. 1694 (cf. aussi Balzac, Paysans, 1844, p. 45). Étymol. et Hist. 1. 1260 « mettre en fagots » (E. Boileau, Métiers, 244 ds T.-L.); 2. 1580 fam. « composer quelque chose à la hâte » (Montaigne, Essais, éd. A. Thibaudet, 1. I, chap. 40, p. 287 : fagoter gentiment une belle missive); 3. 1585 éd. « habiller sans recherche » en partic. fagotté part. passé adj. (N. du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t. 1, p. 211). Dér. de fagot*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 65. Bbg. Spitzer (L.). Frz. habiller, prov. vol, frz. billet. Z. fr. Spr. Lit. 1919, t. 45, p. 369.