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ESQUIF, subst. masc.
Vx, littér. Petite embarcation. Fragile, frêle, léger esquif. Que vous importe aujourd'hui d'avoir accompli le voyage dans un esquif, ou sur une trirème? (Chateaubr., Martyrs,t. 3, 1810, p. 214).Barques de toute espèce; depuis la cange à la proue et à la poupe élevées, au naos chamarré de couleurs et de dorures, jusqu'au mince esquif de papyrus, tout était employé (Gautier, Rom. momie,1858, p. 207).
En partic., poét. Noir esquif. Barque de Charon, nocher des Enfers dans la mythologie gréco-latine. Charon leur nautonnier horrible, Qui sur les flots grondants de cette onde terrible Conduit son noir esquif (Delille, Énéide,1804, p. 243).
P. métaph. [À propos d'une pers., p. réf. à la fragilité de l'esquif] Vous, [Lélia] esquif ballotté sur toutes les mers, échoué sur toutes les grèves, vous oseriez tenter un nouveau voyage? (Sand, Lélia,1833, p. 52).Nous sommes de pauvres esquifs qui ramons sur la mer sans fin (Sainte-Beuve, Pensées,1869, p. 129).
Prononc. et Orth. : [εskif]. Enq. : /eskif/. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1497 (Villeneuve ds Mém. de Commines, Paris, 1747, t. 4, p. 95 d'apr. Kemna, p. 143). Empr. à l'ital. schifo « petite embarcation », attesté dep. av. 1470 (L. Pulci ds Tomm.-Bell.; le dimin. schifetto est cependant attesté dès le xives., Buti, ibid.), du longob. *skif, cf. a. h. all. skif, all. Schiff. Fréq. abs. littér. : 127. Bbg. Hope 1971, p. 38, 149. − Kemna 1901, pp. 142-143. − La Landelle (G. de). Le Lang des marins. Paris, 1859, p. 106. − Vidos 1939, p. 26, 76, 144, 377.