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ENHARNACHER, verbe trans.
Synon. littér. de harnacher.
A.− [Le compl. d'obj. désigne un cheval, un mulet, un âne, etc.] Revêtir d'un harnais. Enharnacher un cheval (Ac.).
Rem. Le verbe est employé le plus souvent au part. passé, avec valeur d'adj. Olivier saisit son coursier magnifiquement enharnaché (Genlis, Chev. Cygne, t. 3, 1795, p. 82). Deux beaux ânes gris (...) tout enharnachés de rouge et remplis de houppes, comme des mules espagnoles (Goncourt, Journal, 1858, p. 510).
B.− P. ext., p. plaisant. [Le compl. d'obj. désigne une pers.] Revêtir d'un accoutrement serré et ridicule. Vous voilà bien enharnaché, plaisamment enharnaché (Ac.) :
J'ai présentement un clou à la joue droite, un autre sur la rotule du genou gauche et un troisième au milieu de la cuisse droite (...) je suis enharnaché de bandes et enfoui sous des cataplasmes. Flaubert, Corresp.,1866, p. 206.
Emploi pronom. réfl. Son fou rire quand je m'enharnache de mon grand sabre (Flaubert, Corresp.,1850, p. 105).
Rem. On rencontre ds la docum. le subst. masc. enharnachement. Fait d'être revêtu d'un accoutrement ridicule. Le travestissement, l'enharnachement, le façonnage presque fantastique de la Parisienne actuelle, qui lui semble comme d'un autre monde, aussi étrangère qu'une Hottentote (Goncourt, op. cit., 1866, p. 302).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃aʀnaʃe], (j')enharnache [ɑ ̃aʀnaʃ]. Les dict. récents ne transcrivent pas l'aspiration de h; mais les dict. plus anc. le font comme pour tout h d'orig. germ., surtout quand cet h a, en outre, le rôle de maintenir la composition de la prép. en et celui d'empêcher la liaison (cf. enhardir). Le verbe est admis ds Ac. 1798-1932 avec l'indication de h aspiré. Étymol. et Hist. 1228 « équiper (quelqu'un) » (Jean Renart, Guillaume de Dole, éd. F. Lecoy, 209); 1377 « harnacher (un cheval) » (A. N. MM 30, fo101 vods Gdf. Compl.); 1649 fig. « habiller grotesquement » (Scarron, Virgile travesti, IV, 179b ds Richardson). Dér. de harnacher*; préf. en-*. Fréq. abs. littér. : 1.