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ENDOLORIR, verbe trans.
A.− [La douleur est physique] Rendre douloureux. Une fluxion de poitrine qui m'a endolori tout ce mois (Mallarmé, Corresp.,1868, p. 266).
Emploi passif. Éprouver, avoir des douleurs. J'ai le bras endolori (Ac.). Être endolori dans tous ses membres.
Emploi pronom. à sens passif. Devenir douloureux. Tous ses membres s'endolorissaient, il avait les muscles froissés, la peau meurtrie (Zola, Œuvre,1886, p. 246).
B.− Au fig. Endolorir l'âme de qqn. Lui causer une peine. Vous avez endolori mon âme (Gide, Nourr. terr.,1897, p. 215).
Emploi abs. Ici l'infidélité offense, attriste, endolorit (Proudhon, Pornocratie,1865, p. 209).
Emploi pronom. réciproque. Provoquer de la douleur. Il n'est nullement nécessaire d'être méchant pour blesser autrui. Et c'est bien là le plus tragique : que des êtres bons et qui s'aiment puissent s'endolorir et se navrer avec la meilleure volonté du monde (Gide, Journal,1928, p. 876).
Rem. On rencontre ds la docum. le part. prés. adj. endolorissant, ante. Qui rend douloureux. Neige endolorissante et molle, tu déroules Ta nappe liliale au toit cher que je sais (Jammes, De l'angélus, 1898, p. 69).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃dɔlɔ ʀi:ʀ], (j')endoloris [ɑ ̃dɔlɔ ʀi]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1. 1503 endoulourir « rendre douloureux » (G. de Chauliac, Guidon en françoys, 225a, éd. de 1534 ds Rom. Forsch., t. 32, p. 55); 1762 endolori (Rousseau, Émile, 1, 5 ds éd. Gallimard, t. 4, p. 813); 2. 1831 « attrister, faire souffrir » (Balzac, Peau chagr., p. 19). Dér. de douleur*; préf. en-*; dés. -ir. Réfection d'apr. le lat. dolor. Fréq. abs. littér. : 15. Bbg. Gohin 1903, p. 254. − Quem. Fichier (s.v. endolorissant).