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EXÉCRATION, subst. fém.
A.− Littér. Violente imprécation. « Loin du camp » : c'est la formule d'exécration pour les lépreux, dans la Bible (Montherl., Lépreuses,1939, p. 1473):
1. Qui prévoirait l'esprit français, les étranges bonds et écarts de sa mobilité, la manière dont ses exécrations et ses engouements, ses malédictions et ses bénédictions se transmuent sans raison apparente? Chateaubr., Mém.,t. 4, 1848, p. 528.
B.− Sentiment de répulsion, de haine, d'horreur vis-à-vis d'une personne ou d'une chose. Être en exécration de, vouer à l'exécration, avoir en exécration. La supériorité d'Israël dans l'art de manier l'argent lui vaut l'exécration de tous ceux qu'il pressure (Clemenceau, Iniquité,1899, p. 180).Son amour se changea en haine, sa vénération en mépris. Il lui cria son exécration à la face et s'enfuit (France, Révolte anges,1914, p. 135):
2. ... des Campaniens et des Grecs, par exécration de Carthage, avaient pris les enseignes de Rome. Flaubert, Salammbo,t. 2, 1863, p. 8.
P. méton. Personne ou chose qui inspire de l'exécration. Elle devint l'exécration publique (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 853).
Rem. La plupart des dict. gén. enregistrent le sens, en théol. cath. : Perte des privilèges qui valent à quelqu'un ou à quelque chose une bénédiction ou une consécration.
Prononc. et Orth. : [εgzekʀasjɔ ̃] ou par emphase [-ks-]. Cf. é-1. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. xiiies. « sentiment d'horreur extrême [pour ce qui est digne de malédiction] » (Bible, B.N. 901, fo25eds Gdf. Compl.); 2. 1559 « malédiction [en cas de faux serment], imprécation » execrations horribles (Amyot, Alexandre ds Hug.); 3. 1752 théol. « retour d'un objet consacré à l'état profane » (Trév.). Empr. au lat. class. ex(s)ecratio « serment [accompagné d'imprécations en cas de parjure], malédictions », est formé comme anton. de consecratio à partir du sens étymol. de exsecratio, exsecrari, v. exécrer. Fréq. abs. littér. : 140. Bbg. Quem. DDL t. 7.