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ÉTUI, subst. masc.
A.− Boîte ou enveloppe de protection généralement rigide et adaptée aux formes de l'objet qu'elle est destinée à contenir. Étui à aiguilles, à cigarettes, à ciseaux, à lunettes. (Quasi-)synon. fourreau, gaine, housse.Le drapeau roulé autour de sa hampe et recouvert de son étui (France, Orme,1897, p. 62).Il arrêta soigneusement le disque et le coucha avec amour dans son étui (Maurois, Silences Bramble,1918, p. 24).Le chant prit fin. J'entendis que Valdo remettait son violon dans l'étui (Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p. 82).
P. méton., vx. Étui de mathématique(s). Assortiment de règles, compas, etc., à l'usage des mathématiciens, des dessinateurs. Plusieurs étuis de mathématiques, à l'usage des astronomes et ingénieurs (Voy. La Pérouse,t. 1, 1797, p. 248).
Spécialement
MAR. Étui à voiles. Enveloppe de toile peinte protégeant les voiles de rechange (d'apr. Gruss 1952). Étui(s) de chauffe. ,,Enveloppe(s) de toile pour préserver les mâts, vergues, hunes de la fumée`` (Galopin, Lang. mar., 1925, p. 72).
♦ Domaine de l'arm.Étui (de cartouche). Cylindre contenant la charge explosive de la cartouche. Synon. douille.Grâce à l'existence d'une réserve importante d'étuis et de balles, le rendement en cartouches chargées devait s'élever progressivement au chiffre de 4 100 000 (Joffre, Mém.,t. 2, 1931, p. 36).
B.− P. anal.
1. Domaine des sc. nat.
a) BOT. Enveloppe du bourgeon, de la fleur. Le cocotier produit régulièrement chaque mois une grappe de cocos, de manière qu'il en porte douze à la fois, dont la première commence à poindre, la deuxième sort de son étui, la troisième bourgeonne (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 62).
Étui (médullaire). ,,Zone circulaire qui enveloppe la moelle`` (Carrière, Encyclop. hortic., 1862, p. 29).
b) ENTOMOL., vieilli. Aile(s) supérieure(s) de certains insectes. Synon. élytre.Dans les Orthoptères, les ailes supérieures sont des élytres ou étuis demi-membraneux, recouvrant les deux ailes inférieures (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 460).
2. Domaine humain et p. métaph.
a) Fam. Vêtement étroit :
Le Russe avait un habit national et demi-asiatique sous lequel il s'était rendu célèbre. Il portait les cheveux courts, tous ses mouvements étaient fiers. Au lieu de cela, on l'enferme dans un frac, ou pour mieux dire dans un étui, qui ne lui permet pas de remuer. J. de Maistre, Corresp.,t. 2, 1806-07, p. 459.
b) Cercueil. C'est le cercueil d'un évêque qui ne devait pas avoir plus de quatre pieds de haut, à en juger par son étui (Hugo, Rhin,1842, p. 359).
c) Corps ou partie du corps. J'ai trop de cervelle pour ma tête; elle ne peut pas jouer à l'aise dans son étui (Joubert, Pensées,t. 1, 1824, p. 93).Sa laideur [de MlleLormier] frappait (...) et pourtant, (...) une discordance éclatait entre l'âme et l'étui; derrière cet écran de muscles (...) on pressentait la flamme, je ne sais quoi de hardi (Estaunié, Appel route,1921, p. 17).
Prononc. et Orth. : [etɥi]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1170 garder en estui « entreposer » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 148). Déverbal de l'a. fr. estuier, estoiier « conserver, garder » attesté dep. le xiies. (ds T.-L.) d'orig. obsc., peut-être issu d'un b. lat. *studiare (FEW, t. 12, p. 310; REW3, 8325; EWFS2) dér. de studium « application, zèle, soin » (d'où « étude ») et attesté en lat. médiév. au sens de « soigner, traiter » et notamment « tenir en bon état, garder, conserver » (av. 907 ds Nierm.). Fréq. abs. littér. : 355. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 483, b) 547; xxes. : a) 424, b) 548.