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ÉTRANGETÉ, subst. fém.
A. − Caractère de ce qui est étrange, bizarre, surprenant, inhabituel. L'étrangeté d'une condition, d'un site. Dans le charmant jardin des Bussy, quelques plantes inconnues, d'une étrangeté surprenante (Gide, Journal,1935, p. 1239).Une phrase (...) où l'étrangeté de la forme masque la banalité de la pensée (Benda, Fr. byz.,1945, p. 239):
1. La bonne mine de ce jeune homme, une sorte d'étrangeté dans ses manières, de bizarrerie dans sa toilette, attiraient l'attention du baron ... Jouy, Hermite,t. 1, 1811, p. 220.
B.− P. méton. Ce qui présente un tel caractère. Le thé était une étrangeté pour des Français de la vieille roche (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 181):
2. « ... M. Mathéus est bouleversé par tes étrangetés. Nous lui avons donné notre parole d'honneur que le mariage se ferait, et nous voilà dans une singulière situation vis-à-vis de lui. Il t'aime beaucoup pourtant... mais tu repousses tous ceux qui t'aiment. » Duranty, Math. H. Gérard,1860, p. 296.
C.− Spécialement
1. PHYS. NUCL. Nombre quantique servant à expliquer le comportement des particules étranges (cf. étrange I B 2 b). Étrangeté nulle (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 381).
2. PSYCH. (Sentiment d')étrangeté. Trouble mental dans lequel le malade perd le sentiment de sa réalité personnelle, reconnaît mal le monde environnant (cf. Janet, Obsess. et psychasth., 1903, p. 42).
Prononc. et Orth. : [etʀ ɑ ̃ ʒte]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. Fin xives. (E. Deschamps, Balade, MCCIX, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 6, p. 199), rare av. le xviiies. (v. Proschwitz, p. 110). Dér. de étrange*; suff. -(e)té*. Fréq. abs. littér. : 368. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 214, b) 365; xxes. : a) 551, b) 855. Bbg. Arveiller (R.). R. Ling. rom. 1971, t. 35, p. 217. − Gohin 1903, p. 313.