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ÉTANG, subst. masc.
A.− Étendue d'eau généralement stagnante, d'une faible profondeur, située dans une cuvette naturelle ou creusée par l'homme. Bords d'un étang; étang poissonneux. Les étangs de T'olga dormants et profonds avec la silhouette renversée des arbres dans une eau bleue (Fromentin, Été Sahara,1857, p. 210).La colline s'élève (...) entre la mer et un étang très vaste (...). Le port qu'elle domine est formé de bassins et des canaux qui font communiquer cet étang avec la mer (Valéry, Variété III,1936, p. 232):
Nous atteignîmes bientôt le bord des étangs. Leur chevelure de joncs restait immobile, aucun souffle ne la caressait; mais des mouvements à peine sensibles couraient dans l'eau. Parfois un point remuait à la surface, et de là partaient des cercles légers, pareils à des rides lumineuses, qui s'agrandissaient sans fin. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Confess. femme, 1882, p. 802.
SYNT. Bonde, chaussée, rives d'un étang; assécher, curer, vider un étang; empoissonner, peupler un étang.
P. métaph. L'eau profonde ressemble à nos yeux, ces étangs Où chaque siècle ajoute, avec d'obscurs mirages, Au poids de sa lourdeur l'ombre de ses ombrages (Dierx, Poèmes,1864, p. 66).On se fie rarement aux récits des voyageurs : c'est un soupçon commode, qui dispense d'étudier et de lancer des pierres dans les étangs mornes de l'esprit (L. Daudet, Morticoles,1894, p. 1).
B.− P. anal., TECHNOL. Réservoir d'eau où l'on trempe les enclumes qui viennent d'être forgées (cf. Chesn. 1857). Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-20e, Littré, DG, Quillet 1965.
Prononc. et Orth. : [etɑ ̃]. Liaison en [z], des étangs agréables (Littré). Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1remoitié xiies. estanc « étendue d'eau dont les bords arrêtent l'écoulement » (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 106, 35). Déverbal de estanchier (étancher*). Fréq. abs. littér. : 1 172. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 066, b) 1 365; xxes. : a) 2 664, b) 1 740 Bbg. Sain. Sources t. 2 1972 [1925] p. 122.