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ESTROPE, subst. fém.
A.− MAR. Œil épissé enserrant une poulie et servant à la fixer (cf. Galopin, Lang. mar., 1925, p. 42).
P. ext. Anneau de cordage retenant un aviron à un tolet. Synon. erse, erseau.Le paysan gréa ses avirons sur ses tolets primitifs; une cheville où la rame tient par une estrope, et il commença de nager (La Varende, Homme aux gants,1943, p. 106).
B.− PÊCHE. Filin auquel est attaché un hameçon et qui est attaché à une ligne de pêche par une épissure. Tendre une ligne à l'estrope (Nodier, Fée Miettes,1831, p. 71).
Prononc. : [εstʀ ɔp]. Étymol. et Hist. [1311 lat. médiév. stropus (Inventaire in Mas-Latrie, Mélanges historiques, Paris, 1880, III, 68 d'apr. Arveiller ds Fr. mod., t. 26, p. 51)]; 1372 estreuppes et fanars (Quittance in Saige, Documents historiques antérieurs au XVes. [...] Seigneurerie de Monaco, I, 479, ibid.); 1382-84 glaives, fers de glaives, falos, estropes, banières et estendars (Le Compte du Clos des Galées de Rouen, éd. Ch. Bréard, 125). Issu comme l'ital. stroppo, le prov. estrop, le cat. estrop, le port. estropo, le néerl. strop, le b. all. Strüppe et l'angl. strop, du lat. struppus, stroppus « lien d'aviron, courroie, bandelette » à rattacher au gr. σ τ ρ ο ́ φ ο ς « cordon, courroie, bandelette » (Diez, p. 311; REW3no3821; EWFS2, s.v. étrope; FEW t. 12, p. 308a; Kluge; De Vries Nederl.). Il est peu probable que l'ext. du mot lat. dans le domaine germanique (b. all. et ags.) se soit faite autrement que par l'intermédiaire de la Gaule du Nord où le terme aurait été donc usuel (cf. J. Jud ds Z. rom. Philol., t. 38, p. 42). D'autre part, en dehors de l'apparition relativement tardive du terme fr., aucun élément sûr ne permet de retenir l'hypothèse d'un empr. de l'a. fr. au vieil angl. stropp attesté dès le xies. (NED; ODEE; Dauzat 1973). Fréq. abs. littér. : 2. Bbg. Bonn. 1920, p. 55. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 409.