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ESTAFETTE, subst. fém.
A.− Courrier chargé de porter une dépêche d'une poste à l'autre; porteur de dépêches. Estafette à cheval; transmettre une lettre par estafette. J'envoie ces lettres par estafette jusqu'à Lyon. De Lyon un courrier vous les portera à Turin (Chateaubr., Corresp.,t. 5, 1789-1824, pp. 160-161):
« C'est réellement extraordinaire, pensa le Duc en s'en allant, qu'une estafette mette trois jours de plus qu'une lettre venue par la poste. Serait-il donc arrivé malheur à ce courrier? » Ponson du Terr., Rocambole,t. 5, 1859, p. 192.
P. métaph. L'Espagne, souvent ravagée, a toujours été funeste aux conquérants : César y combattit pour sa vie, et Napoléon, estafette du monde, fut obligé d'en revenir à cheval comme un obscur courrier (Chateaubr., Congrès Vérone,t. 1, 1838, pp. 21-22).
B.− TECHN. MILIT. Agent de liaison chargé de porter les nouvelles et de communiquer les ordres entre des corps d'armée, des formations militaires, des états-majors, etc. Le général envoya cet ordre par estafette (Ac.1932).Une agitation grandissait autour de la ferme, des estafettes partaient et revenaient à chaque minute (Zola, Débâcle,1892, p. 5).
Prononc. et Orth. : [εstafεt]. Enq. /estafet/. Ds Ac. 1718-1762 avec 2 f. Ds Ac. 1798-1932 avec 1 f. Étymol. et Hist. 1596 staffette (Hulsius); 1619 estaphette (Cl. d'Esternod, L'Espadon Satyrique, Sat., III, p. 35 d'apr. A. Pruvot ds Fr. mod. t. 22, p. 136); 1666 estafette (Cardinal de Retz, Lettre à M. de Lionne, 9 oct. ds Œuvres, éd. A. Feillet, J. Gourdault et R. Chantelauze, t. 7, p. 362). Empr. à l'ital. staffetta « courrier à cheval » (dep. 1515, Gheri d'apr. DEI), dér. de staffa « étrier », du longobard *staffa « id. » (cf. ags. stapas; a. h. all. staph « pas » ds Graff t. 6, 656). V. FEW t. 17, pp. 193-194. Fréq. abs. littér. : 95. Bbg. Hope 1971, p. 192.