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ESCLAFFER(S'),(ESCLAFFER, ESCLAFFERS) verbe pronom.
A.− Vx ou arg. Éclater. La terre ne sonne pas sous les pieds (...) Elle ne s'esclaffe pas non plus en flaques de boue aux fusées jaillissantes (Richepin, Pavé,1883, p. 110).Un autre angliche gros, rouge, qu'on croit qui s'en va s'esclaffer de tant qu'il a le sang (Musette, Cagayous poilu,1919, p. 24).
B.− Au fig., fam. S'esclaffer (de rire). Rire bruyamment. (Quasi-)synon. éclater, pouffer (de rire), rire aux éclats.La farce des mannequins les [les comédiens] avait mis en belle humeur, et ils s'esclaffaient de rire comme un cent de mouches (Gautier, Fracasse,1863, p. 81).On s'esclaffe en se rappelant l'un à l'autre les bons mots d'une comédie (Hist. spect.,1965, p. 13):
Des cris d'étonnement s'élevèrent, puis des rires éclatants. Une puce! ah! elle était bien bonne, bien bonne! Caniveau se tapait sur la cuisse, Césaire Horlaville fit claquer son fouet; le curé s'esclaffait à la façon des ânes qui braient, l'instituteur riait comme on éternue, et les deux femmes poussaient de petits cris de gaieté pareils au gloussement des poules. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Bête à Maît' Belh., 1885, p. 201.
Rem. S'esclaffer de rire est considéré comme un pléonasme par Rob., qui se place, sous ce rapport, à un point de vue hist.; il s'agit en fait d'un renforcement expressif.
Prononc. et Orth. : [εsklafe], (je m')esclaffe [εsklaf]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1534 s'esclaffoyent de ryre (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, X, p. 81, 28). Empr. aux parlers méridionaux : a. toulousain (s')esclafa « s'écacher, s'écraser, éclater » (xviies. Doujat, Dict. langue toulousaine, publ. en annexe des Œuvres de P. Goudelin, éd. J.-B. Noulet; v. aussi Mistral) dér. de l'onomat. klapp exprimant le bruit d'un coup, d'un claquement, cf. aussi a. franco-prov. s'esclaffer « éclater ». Fréq. abs. littér. : 86. Bbg. Pauli 1921, p. 58. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 329.