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ENTACHER, verbe trans.
A.− Vx. Entacher de.Marquer d'une tache, en particulier d'origine pathologique. Son mauvais régime l'a entaché de scrofules (Littré).
En constr. passive
P. métaph. Cette rouille gênevoise [sic] dont son talent [de Rousseau] reste entaché (Chênedollé, Journal,1822, p. 116).
P. ext. Être entaché d'une maladie. En être atteint. Enfants entachés de tuberculose (Teissier, Duvoir dsNouv. Traité Méd.,fasc. 2, 1928, p. 42).
B.− Au fig.
1. Souiller par quelque chose de mauvais, de négatif ou considéré comme tel; plus particulièrement marquer d'une souillure morale.
a) [Le suj. désigne une pers. ou une chose présentant un aspect négatif] Entacher qqn, qqc. de qqc.Entacher d'infamie ceux qui en sont coupables (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 431).Si j'ai entaché sa réputation, du moins je ne l'ai pas abandonnée comme font les autres (Sand, Jacques,1834, p. 333).Rien de louche ne doit entacher nos décisions (Zola, Curée,1872, p. 398).
b) Cour., en constr. passive. (Être) entaché de qqc.Entaché d'égoïsme, d'erreur, de fraude, d'hérésie, d'un vice. Tout lui paraissait, ici, entaché d'une tristesse mortelle (Châteaubriant, Lourdines,1911, p. 176).
Spéc., DR. [En parlant d'un acte] Entaché de nullité. Déclaré nul. La fameuse lettre sera entachée de nullité pour immoralité, et le tribunal refusera le divorce (Montherl., Démon bien,1937, p. 1281).
2. Emploi pronom. réfl. :
... vous ne sauriez passer dans les rangs des ultras sans flétrir à jamais votre caractère et souiller votre existence. Nous venons vous conjurer (...) de ne pas vous entacher ainsi. Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 491.
S'entacher de.Elle [la beauté] (...) s'est entachée d'abstractions (Huyghe, Dialog. avec visible,1955, p. 38).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃taʃe]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Fin xiies. (Sermons St Bernard, éd. W. Fœrster, p. 49, 41). Dér. de tache*; préf. en-*; dés. -er. Fréq. abs. littér. : 132.