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ENLÈVEMENT, subst. masc.
A.− Action de s'élever en l'air. Enlèvement d'un ballon. Enlèvement d'une montgolfière (Goncourt, Journal,1892, p. 321).
Au fig., rare. Exécution juste et rapide d'une œuvre littéraire ou artistique capable de susciter l'enthousiasme. La grande scène de rupture du quatrième acte, sur laquelle nous comptions tous pour l'enlèvement de la pièce, accueillie froidement (Goncourt, Journal,1885, p. 516).
B.− Action d'enlever, d'emporter quelque chose.
1. [En déplaçant] Enlèvement des bagages, d'une charge, d'un échafaudage. Taxe sur l'enlèvement des ordures ménagères (Camus, Peste,1947, p. 1251).
Spéc. Action de retirer (d'un dépôt) une marchandise achetée. Les frais de la délivrance sont à la charge du vendeur, et ceux de l'enlèvement à la charge de l'acheteur (Code civil,1804, art. 1608, p. 297).
(Procéder à l') enlèvement d'un corps, d'un cadavre (Ac. 1798-1932) pour le déposer à l'église, à la morgue.
2. [En retranchant] Enlèvement d'une tumeur. L'enlèvement chirurgical de ces kystes est très facile et sans danger (QuilletMéd.,1965).
3. [En effaçant] Enlèvement d'une tache (Lar. Lang. fr.).
C.− Action de s'emparer de quelque chose, de quelqu'un, souvent par la force, par la violence.
1. Enlèvement d'une position militaire. Enlèvement de vive force de points d'appui tenus par l'occupant (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 463).
DR. PÉNAL. Enlèvement de pièces (appartenant à des dépôts publics), de papiers (cf. Nerval, Filles, Angélique, 1854, p. 518).
2. Enlèvement d'une personne, surtout d'une femme, d'un enfant. La galanterie est donc morte en France qu'on ne parle plus d'enlèvements ni d'aventures comme autrefois (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Jadis, 1883, p. 598).
SYNT. Enlèvement d'un pape (cf. Ozanam, Philos. Dante, 1838, p. 64). Enlèvement de Proserpine. Enlèvement d'Europe par Jupiter déguisé en taureau (Dupuis, Orig. cultes, 1796, p. 153). Enlèvement des Sabines; l'Enlèvement au sérail par W.-A. Mozart.
Spec. Enlèvement de mineurs (cf. enlever III B 2 a) :
− Qu'avez-vous fait, me dit-il, qu'avez-vous fait, grand dieu! détournement de mineure, rapt, enlèvement! vous vous êtes mis une belle affaire sur les bras. Vous êtes tout bonnement sous le coup de cinq à dix ans de prison. France, Le Crime de Sylvestre Bonnard,1881, p. 480.
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃lεvmɑ ̃]. Enq. : /ãlevmã/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1531 « action d'emporter quelque chose » (Cout. de Lorris, 64, Tardif ds R. Hist. litt. Fr. t. 11, p. 506 : Le dict enlievement [des biens]); 2. 1551 « rapt, détournement » (ds Félibien, Pr. de l'H. de Paris, II, 752 ds Gdf. Compl.); 3. 1596 milit. « action de prendre d'assaut » (Cheverny, Mém., ibid.). Dér. du rad. de enlever*; suff. -(e)ment1*. Fréq. abs. littér. : 270. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 493, b) 714; xxes. : a) 183, b) 233.