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ENFLURE, subst. fém.
A.−
1. [Avec compl. adnominal] Toujours au sing. Fait d'être enflé. Enflure de la jambe, de la joue, de l'abdomen. Vous admirerez l'homme d'affaires dans l'enflure de la poche aux carnets (Balzac, Œuvres div.,t. 2, 1830-35, p. 180).Les paupières gonflées à éclater, mauve pâle, serrées par l'enflure l'une contre l'autre (Malraux, Espoir,1937, p. 832).
Et lui, relevant drap et chemise, contemplait en silence les taches rouges sur le ventre et les cuisses, l'enflure des ganglions. Camus, La Peste,1947, p. 1290.
2. [Sans compl. obligatoire] Ce qui est enflé. Je viens de palper... approximativement... les parties affligées... l'épanchement humoral est abondant... l'enflure tenace (Martin du G., Gonfle,1928, p. 1185).
P. anal. Les approches d'une bourrasque produisent de subites enflures du vent (Hugo, Homme qui rit,t. 1, 1869, p. 61).Une fanfare de cors, comme ces enflures de cuivre qui soulignent, à la foire, les coups gagnants (Abellio, Pacifiques,1946, p. 83).
B.− Au fig. [En parlant du style de qqn] Manque de naturel, amplification. Prose pleine d'enflure; enflure du style (Ac.). Synon. emphase, grandiloquence; anton. naturel, simplicité.Il regrettait la forme un peu poncive de ce style où il y avait « de l'enflure, des métaphores comme dans la prose démodée de Chateaubriand » (Proust, Fugit.,1922, p. 589).Et il y a des paragraphes ridicules d'enflure et d'outrance (Green, Journal,1934, p. 207).
C.− Pop. Imbécile. Espèce d'enflure. Synon. crétin.Les autres dix enflures avant moi, je commençais à les comprendre (Céline, Mort à crédit,1936, p. 193).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃fly:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1150 enfleüre (Lapidaire Marbode, éd. P. Studer et J. Evans, 432 : enfleüre entre cuir et char). Dér. du rad. de enfler*; suff. -ure*. Fréq. abs. littér. : 121. Bbg. Lew. 1960, p. 91. − Rog. 1965, p. 110.