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ENCLIN, INE, adj.
Littér. [S'applique à un être animé et, plus fréquemment humain; toujours accompagné d'un compl. généralement introduit par à, quelquefois par vers, et désignant un comportement, une manière d'être] Qui est porté, comme par prédisposition naturelle, à.
A.− [En parlant d'une pers.]
1. Enclin à qqc.Enclin à la mélancolie, à la rêverie. Des militants enthousiastes mais souvent novices, enclins à l'illusion (Bloch, Dest. S.,1931, p. 293).Une certaine indolence naturelle aussi chez ce rêveur peu enclin à l'action (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 139).Aujourd'hui le temps a coulé et je suis enclin à plus d'indulgence (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 192).
2. Enclin + à + verbe.Tous ces révolutionnaires professionnels sont trop naturellement enclins à faire de la révolution leur affaire personnelle (Guéhenno, Journal Révol.,1938, p. 246).Je supposais aussi qu'il n'aurait été que trop enclin à se chercher une mère dans une femme plus âgée que lui (Beauvoir, Mandarins,1954, p. 164):
1. ... son esprit n'était que trop naturellement enclin à suivre celui de sa mère sur les sentiers glissants de l'incroyance. Gide, Robert,1930, p. 1323.
B.− [En parlant d'un groupe] Il avait semé en route une partie de son armée, déjà trop encline à s'égrener (France, J. d'Arc,t. 1, 1908, p. 140).
C.− [Qualifie p. méton. une pers. ou un groupe] L'opinion était encline à juger cette question avec passion (Joffre, Mém.,t. 1, 1931, p. 9):
2. Souviens-toi (...) que ce dévouement où ton cœur est enclin Laisserait au berceau notre enfant orphelin... A. Dumas père, Alchimiste,1839, V, 9, p. 286
D.− [En parlant d'un animal] C'est Aude, encline à s'accoupler. Ainsi que chienne chaude (Moréas, Pèlerin pass.,1891, p. 20).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃klε ̃], fém. [-in]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 « incliné, baissé » (Roland, éd. J. Bédier, 139 : chef enclin) − xvies., Hug.; 2. fin xiies. « porté à (faire quelque chose) » (Sermons St Bernard, 81, 27 ds T.-L. : estre enclint a pechiet). Formé sur le rad. du verbe d'a. fr. encliner (ca 1100, Roland, 974 − xvies. ds Hug., cependant répertorié encore jusqu'à Trév. 1771 avec la précision : « Il est vieux. Il faut dire et écrire, incliner [suivant les préceptes de Vaugelas] »), lui-même du lat. class. inclinare, v. incliner. Fréq. abs. littér. : 318. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 299, b) 333; xxes. : a) 445, b) 650.