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ENCENSOIR, subst. masc.
A.− LITURG. Sorte de cassolette, suspendue à de petites chaînes, dans laquelle on brûle l'encens et que l'on balance durant les cérémonies. Encensoir d'argent, de cuivre; porter, tenir l'encensoir. J'avais admiré au musée, les richesses qu'on a retirées de ce temple, les lampes, les coupes, les encensoirs, les burettes, les goupillons, les mitres et les crosses brillantes des prêtres (Nerval, Filles feu,1854, p. 655):
1. ... « C'est si beau à l'Offertoire, quand Michel se tient debout près de l'autel, en robe blanche, balançant un encensoir d'or, et avec un tel amas de parfums que l'odeur en monte jusqu'à Dieu! ... » Proust, Sodome et Gomorrhe,1922, p. 957.
Rare, vx, p. méton. Pouvoir spirituel, puissance ecclésiastique. Il tient le sceptre et l'encensoir (Ac.1835, 1878).Pour que l'on ose toucher à l'encensoir, il faudra que le gouvernement tombe aux mains des communistes : mais alors, il y aura des martyrs (Proudhon, Créat. ordre,1843, p. 515).
Mettre la main à l'encensoir. ,,S'ingérer dans des fonctions ecclésiastiques, quoiqu'on soit laïque. On accusait injustement ce prince d'avoir mis la main à l'encensoir`` (Ac. 1835, 1878).
B.− Au fig., expr. fam.
Coup d'encensoir. Flatterie excessive :
2. Aujourd'hui les revues, aussi bien que les grands journaux, ne sont remplis que de fades éloges et de coups d'encensoir. C'est un mauvais calcul. Claudel, Corresp.[avec Gide], 1899-1926, p. 141.
Prendre, manier l'encensoir. Louanger de façon excessive. Péj. casser le nez (la figure) de qqn à coups d'encensoir; donner de l'encensoir par le nez de qqn. Louanger de façon plus blessante que flatteuse. Hier, elle m'a trop flatté; j'ai vu le moment où elle me cassait l'encensoir sur le nez (Augier, Contagion,1866, V, p. 355).
Rem. Ac. 1798-1878, Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e-Nouv. Lar. ill., Quillet 1965, Littré, Guérin 1892 enregistrent le subst. masc. encensoir au sens de « constellation de l'hémisphère austral ».
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃sɑ ̃swa:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1388 encensoir (B. Prost, Inventaires mobiliers ... des ducs de Bourgogne, II, 409); 1680 fig. « flatterie » (Rich.). Dér. du rad. de encenser*; suff. -oir*. Fréq. abs. littér. : 233. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 328, b) 444; xxes. : a) 537, b) 148. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 348, 352. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 90.