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ÉMOTIF, IVE, adj.
A.− Qui est relatif à l'émotion, aux émotions. Choc, trouble émotif. L'impatience se liquide par des manifestations émotives : tremblements, vertiges, injures, convulsions etc. (Mounier, Traité caract.,1946, p. 424).L'emportement se trouve plutôt dans des conduites émotives, « caprices » du bébé, fous rires, crises de sanglots, etc. (Jeux et sp.,1967, p. 95).
SYNT. Accès, comportement, facteur, geste, langage émotif; agitation, crise, explosion, réaction, tension émotive.
B.− Qui est apte, prédisposé à éprouver des émotions. Un enfant, un peuple émotif; une imagination trop émotitive. Spontané, émotif, ayant le sens artistique inné (...) le Noir est certes intelligent mais aussi peu rationaliste que possible (Figaro,19-20 janv. 1952, p. 7, col. 2):
Il n'est pas émotif parce qu'il a des émotions, comme tout le monde, il est émotif parce que l'état d'émotion revient chez lui avec une fréquence remarquable, et sous des sollicitations insignifiantes. Mounier, Traité caract.,1946p. 226.
P. ext. Plein d'émotion cordiale et chaleureuse. On ne pénètre pas les choses [à New York], on ne pénètre pas chez les gens; on y atterrit de plein fouet. D'où les accueils émotifs, généreux, enthousiastes (Morand, Eau sous ponts,1954, p. 129).
Rem. On rencontre ds la docum. le sens propre vieilli. Qui se meut, qui bouge (cf. émotion A). La Moselle, noire, émotive, change de tons comme un serpent (Barrès, C. Baudoche, 1909, p. 203).
Emploi subst., PSYCHOL. Une des trois prédispositions de base du caractère (émotivité, activité, retentissement), désignée sous la lettre E, et négativement nE (émotif, non-émotif ou peu émotif) (cf. Mounier, op. cit., p. 27). C'est un tendre, un émotif, un badaud (Morand, 1900,1931, p. 237).
Rem. On rencontre chez Mounier, Traité caract., 1946 : émotif-actif [EA] (p. 465), émotif-actif-primaire [EAP] (p. 269), émotif-inactif [EnA] (p. 271), émotif-primaire [EP] (p. 633).
Prononc. et Orth. : [emɔtif], fém. [-i:v]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1877 (Littré Suppl.). Formé sur le rad. du supin emotum du lat. emovere (v. émouvoir); suff. -if*. Cf. aussi l'angl. emotive attesté dès 1735 (Brooke, Univ. Beauty, IV, 121 ds NED). Fréq. abs. littér. : 334. Fréq. rel. littér. : xixes. : néant; xxes. : a) 63, b) 1 382.