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EMBRASSADE, subst. fém.
Fam. [Correspond à embrasser I A 2] Action de prendre quelqu'un entre ses bras en serrant contre soi; résultat de cette action. De temps en temps, dans des embrassades à pleine empoigne, résonnaient des baisers goulus (Goncourt, G. Lacerteux,1864, p. 201):
1. ... il sauta à la gorge d'un gros Prussien, d'un tel bond, que tous deux roulèrent sur le gravier, jusqu'à la porte défoncée de la cuisine, dans une embrassade mortelle. Zola, La Débâcle,1892, p. 374.
[Correspond à embrasser I A 2 spéc.] Action ou fait d'étreindre quelqu'un avec ses bras, généralement de façon démonstrative, pour exprimer son amitié, son affection, sa tendresse, son amour... Le triomphe d'Esterhazy culminant en l'embrassade d'un prince d'Orléans (Clémenceau, Vers réparation,1899, p. 156):
2. Daudet continue : « Un jour, me voyant embrassé par mon fils et moi lui rendant son embrassade, il [Magnard] s'écria : « Moi, je hais le mien... et il me le rend bien! ... C'est tout le portrait de sa mère! » Goncourt, Journal,1894, p. 667.
[Correspond à embrasser I A 2 p. ext.] Action ou fait de donner un ou plusieurs baisers à quelqu'un généralement en le prenant et le serrant dans ses bras. La soirée se termine dans l'effusion d'une embrassade générale, où je suis tendrement embrassé par la fiancée (Goncourt, Journal,1894p. 1201).Il avait l'embrassade franche, la bouche fraîche (Morand, Homme pressé,1941, p. 170):
3. C'était un petit drôle mal débarbouillé, d'une laideur de singe, et qui fit reculer M. Creton du Coche, ne se souciant pas de donner une embrassade à un si vilain marmot. Champfleury, Les Bourgeois de Molinchart,1855, p. 88.
Rem. Cf. rem. 2 sous embrasser I A 2.
SYNT. Tumulte des embrassades et des compliments; embrassade conjugale; dernière embrassade; recevoir l'embrassade de qqn, rendre son embrassade à qqn, échanger/(se) faire des embrassades, accabler qqn d'embrassades, subir les embrassades de qqn, se défendre d'une embrassade, esquiver/parer l'embrassade, se dégager des embrassades de qqn.
[Formules épistolaires] Mille adieux et embrassades; amitiés et embrassades à tous les tiens; reçois la plus cordiale embrassade de ton vieil ami; faites une embrassade à... Recevez donc embrassades, hommages et les plus beaux souhaits de tous vos amis de Nohant (Sand, Corresp., t. 5, 1812-76, p. 348).
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃bʀasad]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. xves. ambraschade (Valenc., ap. La Fons ds Gdf. Compl.). Dér. du rad. de embrasser*; suff. -ade*. Fréq. abs. littér. : 138.