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EFFÉMINER, verbe trans.
Souvent péj. [Le compl. désigne un homme] Donner l'apparence physique et surtout les attributs moraux habituellement prêtés à la femme. Priver d'une partie de son énergie. Synon. affaiblir, amollir.L'amour dans les tragédies de Racine effémine plus les héros qu'il ne les exalte (Gide, Journal.1941, p. 71):
Le seul inconvénient de toutes ces douceurs est peut-être d'efféminer, c'est-à-dire d'affiner trop la sensibilité morale et la délicatesse esthétique, de façon que la majorité des hommes paraissent ensuite insupportablement grossiers, butors, calculateurs et vulgaires. Amiel, Journal intime,1866, p. 40.
Rem. On rencontre ds la docum. un emploi adj. du part. prés. Il [Bernardin de Saint-Pierre] est efféminant et (...) il écœure (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 6, 1851-62, p. 454).
Emploi pronom. réfl. à sens subjectif
[Le suj. désigne un homme] Tendre progressivement à ressembler à la femme, au physique et/ou au moral. La femme qui s'homasse n'a pas plus d'empire sur les hommes, que l'homme qui s'effémine n'en a sur les femmes (Bern. de St-P., Harm. nat.1814, p. 330).
[Le suj. désigne un inanimé abstr. personnifié] S'affaiblir, perdre de son énergie, de sa fermeté. C'est peut-être que mon âme s'effémine; mais elle voudrait être rudoyée (Barrès, Homme libre,1889, p. 142).
Prononc. et Orth. : [efemine], effémine [efemin]. Transcrit avec [ε] ouvert à l'initiale sous l'influence des lettres redoublées suivantes ds Littré et, à titre de var., ds Warn. 1968. Le verbe est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1170 Femenins es, effeminez (Benoît de Sainte-Maure, Chronique des ducs de Normandie, éd. C. Fahlin, 9687); 1699 vie lâche et efféminée (Fénelon, Télémaque, 1 ds DG). Empr. au lat. class.effeminare « féminiser, amollir, efféminer ». Fréq. abs. littér. : 15.