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ÉDÉNIQUE, adj.
A.− Qui se rapporte à l'Éden, au Paradis terrestre. L'état édénique de l'homme, de la femme. Il [Zola] avait, à son insu peut-être, créé, avec ce milieu édénique où il plaçait son Adam et son Ève, un prodigieux poème hindou (Huysmans, À rebours,1884, p. 243).
Emploi substantivé. [Pour désigner une pers.] Ils se nommaient les Édéniques et voulaient ramener le monde aux temps de la parfaite innocence, avant la création malheureuse d'Adam et d'Ève (France, Mir. Gd St Nicolas,1909, p. 118).
Rem. On admet pour (quasi-) synon. édénien, ienne (cf. Littré, etc.). Période édénienne (Rob.).
B.− Digne de l'Éden, qui rappelle l'Éden par son abondance, son innocence, son caractère enchanteur, sa simplicité. Lumière édénique, couleurs édéniques. La fraîcheur édénique du garde-manger remettait le corps en allégresse (Hamp, Marée,1908, p. 65).
Prononc. : [edenik]. Étymol. et Hist. [Av. 1870 (Th. Gautier, A. Toussenel, s. réf. ds Lar. 19e)]; 1865 (Proudhon, Pornocratie, p. 158 : la femme, à l'état primitif, édénique de nature). Dér. de éden*; suff. -ique*. Fréq. abs. littér. : 14.
DÉR.
Édéniquement, adv.D'une manière édénique. Édéniquement nus, ils entrent dans l'eau (Laforgue, Moralités légendaires,1887, p. 123).Avant-hier il faisait édéniquement beau; un de ces ciels au-dessous desquels on ne peut imaginer que du bonheur (Gide, Journal,1914, p. 449). 1reattest. 1887 (Laforgue, loc. cit.); de édénique, suff. -ment2*. Fréq. abs. littér. : 1.
BBG. − Darm. 1877, p. 187.